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22 septembre 2017

5 conseils pour définir et venir à bout du burn-out par Marie Pezé

Retrouvez ici l'article du huffington post.
GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO

5 conseils pour définir et venir à bout du burn-out par Marie Pezé, psychanalyste et ancien expert judiciaire auprès de la Cour d’Appel de Versailles

Nous assistons, dans les consultations spécialisées dans la souffrance au travail, à une simplification de langage de la part des patients, tous en "burn-out" comme, à une époque tous "harcelés". Le syndrome d'origine se transforme en concept-poubelle, en pop psychologie, vidé de sa définition véritable, et son omniprésence masque les autres pathologies psychiques liées au travail, tout aussi sérieuses à prendre en compte.

Du côté des entreprises, le burn-out est encore trop souvent renvoyé à des caractéristiques personnelles: surinvestissement du travail, terrain addictif, besoin excessif de reconnaissance, engluant le salarié dans sa culpabilité individuelle, exonérant les organisations du travail de leur obligation de protection de la santé physique et mentale des salariés (L 4121). La conscience professionnelle, autrefois vertu majeure, est-elle devenue une pathologie? Vouloir bien faire son travail en ayant le temps, les moyens, les objectifs, relève-t-il d'un idéal névrotique?

Au-delà des questions de définitions, d'imputabilité ou pas à l'entreprise, de reconnaissance en maladie professionnelle, qui nécessiteraient une argumentation que je développe dans Le Burn-out pour les nuls, et devant l'aggravation et la multiplication des cas dans nos consultations, voici quelques conseils majeurs:

Ne pas mépriser sa fatigue et connaître les trois symptômes d'alerte
Une fatigue indéracinable, un repos qui ne repose plus. Une perte du plaisir à aller travailler. Le recours aux produits pour tenir. A ce stade, il faut consulter.

Ne pas se laisser dévorer par le dieu du temps, Chronos, qui devient vite un voleur de vie
Ne vous laissez pas avoir par le bip de l'e-mail entrant, par le nombre d'e-mails affichés pas encore lus, la messagerie saturée. Toutes ces mini-actions de lecture/compréhension/réponse vous épuisent et surtout vous empêchent de penser vraiment. Pour penser, réfléchir, votre cerveau a besoin d'espace et de temps. Ce fameux 'temps de cerveau disponible» que notre civilisation consumériste sait capturer, REPRENEZ-LE! Pour vous.

Travailler sur sa peur en ne restant pas seul
La peur cède quand on découvre qu'on n'est plus seul, qu'un médecin, un thérapeute, un avocat, un inspecteur du travail, un médecin-conseil peuvent s'interposer entre l'employeur et son salarié. Quand on devient un salarié averti de ses droits et de ses devoirs.
Bien sûr, il est plus simple de surmonter sa peur collectivement, quand on peut s'appuyer sur les collègues, le collectif, l'équipe. On a vu que dans un monde de polyvalence, de turn-over, de délocalisation, les équipes se disloquent. Or, ce qui se passe au travail est notre affaire à tous. Il faut défendre les autres pour renouer avec la solidarité.

Non, tout ne vient pas de nous
Il faut aussi tenir compte de la façon dont on organise notre travail, identifier les techniques de management pathogènes. Bien sûr, le travail est en forte résonance avec notre identité personnelle. Si le salarié s'investit trop au travail, on aura beau jeu de penser qu'il a un besoin éperdu de reconnaissance depuis l'enfance. Qu'il n'obéit pas aux consignes parce qu'il s'oppose inconsciemment à l'autorité paternelle! Mais peut-on dire à l'ouvrière, qui souffre des 27 bouchons qu'elle visse par minute, que son OEdipe y est pour quelque chose? Peut-on dire au harcelé qui s'effondre à son poste: "Partez au lieu de supporter cette souffrance", alors que démissionner lui ferait perdre ses droits sociaux? Les Françaises apportent-elles leur consentement pulsionnel à être payées 25% de moins que les hommes?

Sachez reconnaître votre propre travail à défaut d'obtenir la reconnaissance de votre hiérarchie
Ce que nous investissons dans le travail ne peut se soutenir que grâce à des gratifications obtenues en retour:
Gratifications issues du travail lui-même lorsqu'il est bien fait et nous renvoie une image positive de nos compétences. Sauf si nous travaillons en mode dégradé!
Gratifications réelles au travers du salaire ou d'autres avantages. Sauf si ces rétributions sont bloquées!
Gratifications symboliques par ce que l'usager pour qui nous travaillons, notre hiérarchie et nos collègues, nos pairs nous renvoient l'utilité de ce que nous avons fait pour eux. Sauf s'il est de bon ton de ne jamais remercier le salarié pour le travail bien fait, de ne pas le rater quand il a fait une erreur.

Pour vous les femmes, il est temps de redire qu'une double journée pèse sur vos épaules et que cela ne doit plus être une double peine
C'est toujours EN CONTRE que le corps de la femme va devoir trouver sa place dans l'organisation du travail en France. Elles doivent s'adapter à un monde du travail construit par les hommes qui ont des femmes les déchargeant de la sphère domestique et familiale. D'où les réunions tardives, les dossiers déposés à 18 heures, les freins à la carrière quand on a des enfants et que l'employeur anticipe les absences pour enfant malade, les temps partiels. Et tout en supportant le sexisme ordinaire qu'on taxe encore trop souvent de gauloiserie à la française.


Dans tous les cas, ne restez pas seuls.


Pour aller plus loin



FIRST EDITIONS
Marie Pezé - Le burn-out pour les nuls - Ed. First


16 février 2016

A voir: Dans le secret du burn out, le 16/02 sur France 2

Solitude, effondrement physique et moral, perte des valeurs sont les symptômes du burn-out, mal qui dévaste le monde du travail. Le film met en lumière les victimes de ce fléau moderne.

Dans le secret du burn-out © FTV 
Dans le secret du burn-out © FTV

« Je suis perdu » ; « Je sers à rien » ; « Aller travailler, c’est m’enfoncer un peu plus »... Combien sont-ils ceux pour qui le travail est devenu insupportable et qui ont « craqué » ? Des centaines de milliers, apprend-on dans ce saisissant documentaire de Jacques Cotta. Les cas de burn-out ont explosé ces dernières années. Christophe Dejours, psychanalyste, explique : « Ce qui a changé, c’est la solitude. Aujourd’hui, vous souffrez, personne ne bouge. Or la coopération est la base fondamentale de la santé mentale. »
Khaled Amoura raconte sa fierté à son entrée à la SNCF. Et sa descente aux enfers lorsque sa direction lui a demandé de « faire la réforme », c’est-à-dire d’instaurer la polyvalence. Dans la fonction publique, les modes de gestion sont désormais calqués sur le privé. Les réductions d’effectifs ont des conséquences souvent dramatiques. Harcèlement, dégradation des conditions de travail, manque de valorisation...
L’épuisement professionnel touche particulièrement l’Education nationale et l’hôpital public. Hervé et Christine Clément, agents hospitaliers, ont tous deux été victimes d’un burn-out. Leur fille, âgée de 16 ans, confie : « Ils ne sont pas comme avant, ils ne seront jamais comme avant. » « Je fais le deuil de ma profession », témoigne une prof. Ce film a le grand mérite de mettre en lumière ces anonymes qui ne bénéficient pas de la reconnaissance au titre de maladie professionnelle. Des invisibles démunis et isolés dans la détresse de plus en plus nombreux.
Mardi 16 février à 22h50 sur France 2. Documentaire de Jacques Cotta et Pascal Martin (2016). 1h10. (Disponible en replay). 

Retrouvez l'article sur le site du nouvel.obs.com

11 septembre 2014

Lire: Salariés hyperconnectés : un enjeu de santé publique pas assez pris en compte

Retrouvez l'article de Blandine Le Cain sur le site du Figaro
Crédits photo : LEON NEAL/AFP

Les outils connectés prolongent les états de stress liées au travail.
L'Allemagne entend interdire l'envoi de courriels et les appels professionnels en-dehors des heures de travail afin de lutter contre le stress. Les spécialistes saluent cette réflexion et attendent un questionnement similaire en France.
Ce courriel à envoyer à un client, une consigne oubliée qu'il faut transmettre par téléphone, le rappel d'une réunion reçu sur son ordinateur... Autant de petits tracas qui rallongent le stress de la journée de travail. En Allemagne, le problème est pris au sérieux. La ministre du Travail prépare une loi contre le stress au travail, dans laquelle elle voudrait inclure l'interdiction d'envoyer des messages professionnels sur certaines périodes de temps privé, rapporte Rue89. L'étendue de ces périodes -vacances, week-ends, soirées- sera définie par une étude. Cette préoccupation de l'Allemagne, pionnière en la matière, existe de manière moins affirmée en France, où un «droit à la déconnexion» est à l'étude. Pour les spécialistes du stress, il s'agit d'un réel enjeu de santé.
Les nouvelles technologies ont gagné le milieu professionnel autant que l'intimité privée. Smartphones et tablettes permettent ainsi d'être sans cesse connecté, que ce soit au bureau ou à l'abri de sa maison, et d'être joignable à n'importe quel moment de la journée. Une étude britannique de 2011 a montré que ces pratiques pouvaient être néfastes: les employés qui prolongent leur journée de travail chez eux à l'aide d'écrans (ils étaient 64% des sondés) souffrent davantage de douleurs physiques, comme les maux de tête ou de dos, et leur niveau de stress est accru.

Le syndrome du «jamais à jour»

«Les nouvelles technologies de l'information ont aggravé la porosité qui existait déjà entre la vie professionnelle et la vie privée», confirme Marie Pezé, psychologue spécialiste du stress au travail. L'auteure de Je suis debout bien que blessée: Les racines de la souffrance au travail , évoque le «syndrome du “jamais à jour”» pour expliquer cette tendance à l'hyperconnectivité professionnelle. «L'être humain est ainsi fait qu'il veut se coucher la conscience tranquille. Comme nous sommes presque tous en surcharge de travail, on a tous tendance à grignoter un peu sur le temps personnel pour essayer d'être à jour», analyse-t-elle. Une tendance renforcée par les technologies connectées.
«Il est nécessaire d'imposer au salarié un véritable retour à une vie privée» Marie Pezé, psychologue

Ce stakhanovisme n'est pas anodin. «Les enquêtes ont montré que cet envahissement engendre une augmentation du stress», rappelle Marie Pezé, jugeant «absolument indispensable» d'agir contre. Pour elle, la ministre du Travail allemande a raison de vouloir légiférer. La psychologue salue «une solution absolument indispensable», y voyant un moyen d'«imposer un véritable retour à une vie privée» et de «quasiment désincarcérer les salariés de la situation de travail».

«Il n'est pas simple de légiférer»

Le constat est moins tranché du côté de Dominique Servant, psychiatre au CHRU de Lille et auteur de Ne plus craquer au travail . «On ne peut pas généraliser», estime le médecin. Pour lui, une mesure inscrite dans la loi prendrait difficilement en compte les disparités de situation et d'envie des travailleurs. Il en convient, «l'hyperconnexion peut rajouter un temps important de travail», mais il insiste également sur les conséquences possibles d'un virage à l'opposée. «Parfois, certaines personnes veulent continuer à recevoir des informations et sont déçues si elles ne reçoivent pas de message», note-t-il. «Dans ce cas, on peut se demander si c'est bien qu'elles ne le puissent plus, si cela permet de décompresser.» Et de conclure: «Il n'est pas simple de légiférer.»

Dominique Servant précise toutefois que cette volonté juridique n'est pas dénuée d'intérêt: le simple fait de poser la question est primordial. «C'est une très bonne chose d'avoir une réflexion sur ces questions» car, que ce soit par la loi ou des accords d'entreprise, «certaines conditions nouvelles de travail doivent être mieux fixées, particulièrement par rapport aux nouvelles technologies». Le psychiatre insiste notamment sur l'importance de pouvoir «prévoir» ces échanges et les rationnaliser: «Certaines informations reçues en-dehors du travail ne pourront pas être traitées dans l'immédiat et vont susciter du stress. Il faut redéfinir la notion d'urgence.»
Législation ou pas, les deux spécialistes s'accordent sur un point: les nouvelles technologies sont source d'un stress nouveau qu'il est impératif de prendre en compte dans l'organisation du travail. Peu d'entreprises françaises s'y sont frotté pour l'instant, alors même que l'Hexagone est particulièrement concerné par les problématiques de stress et de «burn out». «L'investissement affectif du salarié français dans le travail est très fort» et accentue ces problèmes, souligne Marie Pezé. Il s'agit, selon elle, de «faire très attention, sur la question du temps de travail, à ne pas oublier le temps du corps». Primordial, confirme Dominique Servant, évoquant le «fil à la patte» que représente le smartphone, «outil professionnel que vous emportez avec vous dans l'intimité» et qui fait de cette question un problème de santé publique. «Tout le monde est concerné par cette connexion presque permanente», résume-t-il.

Lire aussi:
Marie Pezé la Sentinelle
 

06 septembre 2014

Lire l'article de Femme Actuelle: Job : résister aux nouvelles pressions


Photo Getty
Un article de Gaël Le Belleg, publié le 05/09/2014.
Retrouvez l'article original sur le site de Femme Actuelle

Toujours plus, plus vite, tout le temps… Sous la poussée des outils high tech, le travail semble de plus en plus aliénant. La psychanalyste Marie Pezé, spécialiste de la souffrance au travail, parle d’« hypnose collective ». Elle évoque ce monde digital, hyper connecté, où 247 milliards d’emails sont échangés par jour dans le monde. Avant la surchauffe, lisez plutôt.


La surcharge d’informations


Le problème. Selon une étude APEC ( En collaboration avec le Groupe de Recherche en Psychologie Sociale (GREPS), 54 % du temps des cadres en France est consacré au traitement des emails. Entre nos messageries (15 % d’entre nous ont au moins quatre adresses !), les réseaux sociaux, les listes de diffusion, et surtout via les nouveaux joujoux nomades, smartphones & co, nous sommes submergés d’infos. Engloutis. Répondre à chaque e-sollicitation devient un néo taylorisme. Caroline Sauvajol-Rialland, prof à Sciences Po, dénonce l’« Infobésité » (titre de son livre paru en 2012, Ed. Vuibert). Il existe même un site pour calculer son taux d’infobésité (calculermoninfobesite.fr) ! La psychanalyste Marie Pezé (Auteur de "Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés", éditions Champs actuels) met en garde : « Le travail s’est intensifié, densifié. On est toujours sur le qui-vive. Le corps et l’esprit en pâtissent. À la clef, on peut craindre troubles cognitifs, surmenage, voire un burn-out ». Le mot qui fait peur est lâché ; vite, comment réagir.
La réaction. Pour Marie Pezé, « le plus urgent est d’avoir conscience des risques. Savoir qu’à terme, il en va de notre santé. Il faut aussi se « défasciner » face aux TIC, leur faire perdre leur importance magnétique : ils ne sont que des outils. Enfin, on doit pouvoir exprimer à son N+1 que « trop d’infos tue l’info ». Qu’il comprenne que ça dégrade notre productivité, que l’on travaille au fil de l’eau. Il devrait être sensible à l’argument. » Ensuite, il existe des trucs simples pour moins être asphyxié. Le nouveau livre « Inondé sous les emails, résistez ! » ( En collaboration avec le Groupe de Recherche en Psychologie Sociale (GREPS)) en propose quelques-unes. À l’envoi d’un mail par exemple, ne pas mettre toute la boîte en copie ; sinon « effet boomerang » et réponses en rafale. Il existe aussi des outils anti-spam (Buzze ou Boxbe) à installer. Enfin, classez par dossiers et degrés d’urgence, avec un moment bloqué dans la semaine pour les traiter. Ou pas. Il faut s’autoriser à ne pas tout lire, tout traiter, personne n’est omniscient.

Le workend


Le problème. Vendredi soir, 18h30, on n’a pas fini de boucler un dossier. Pas grave, on l’emporte chez soi. Dimanche soir, 20h, les enfants dînent, « chgling », le bruit d’un mail pro de notre boss sur notre Galaxy S3. On va voir, on répond. Le « workend » est un phénomène qui touche tout le monde aujourd’hui : il n’y a plus de séparation entre semaine de labeur et « samedi-dimanche » de repos. 67 % des cadres bossent un peu le week-end (sondage IFOP/ Good Technology de 2012), 30 % des gens interrogés affirment « ne pas couper totalement du travail lors de leurs congés. » (étude Stepstone de 2011). La faute encore à notre « hyperconnectivité ». Et aussi, selon les mots de Denis Pennel, auteur d’un bon livre de rentrée « Travailler pour soi » (Ed. Seuil), d’une part à la « déspatilisation du travail » (avec un iPhone ou une tablette, on bosse de partout), d’autre part, à notre « mobiquité », portemanteau de « mobilité » et d’« ubiquité ».
La réaction. « Ce phénomène favorise le surinvestissement, analyse Marie Pezé. Et la posture héroïque. Ce n’est pas celui à qui bosse le plus tard, mais celui qui a le plus sacrifié son week-end au profit de son travail ! Il est indispensable de se créer des sas. S’astreindre à des limites horaires. Choisir des activités « hors réseau », type natation, yoga, ou n’importe quel cours où la prof ne tolèrera pas une sonnerie de portable. Un diktat doit en remplacer un autre ! Il faut aussi quitter cette idée piège consistant à croire qu’on est tout-puissant si on répond à tout, de partout. Ça donne au contraire à sa hiérarchie l’illusion d’une disponibilité permanente. Or, c’est comme pour l’amour, il faut savoir se faire désirer… » Sachez enfin qu’il existe sur l’iPhone une fonction « Ne pas déranger » : une fois activée, seules les notifications (par exemple persos) qu’on aura choisies nous sont signalées.

Le Tout Urgent


Le problème. Tout est devenu TTU. Très très urgent. Au point que se brouillent nos priorités, qu’on ne sache plus dans quel ordre traiter les tâches. On observe une « accélération du temps » selon le sociologue Harmut Rosa. « Une subordination à la seconde près, poursuit Denis Pennel, via un contrôle permanent et en temps réel grâce aux TIC, d’autant plus efficace qu’il est invisible et automatisé. » Jamais le « Time is Money » de Benjamin Franklin n’a autant valu. Les cycles de décisions sont courts, à la portée d’un clic, « le speedthinking fait du mal à l’intelligence, rétorque Marie Pezé. On produit aujourd’hui de la cortisone comme l’athlète qui court sur un 100 m, mais sur une distance de marathon ! » Repos ?
La réaction. « Une surstimulation de la mémoire à court terme, nous empêche de concevoir à plus loin, met en garde la psychanalyste Marie Pezé. En fait, le vice, c’est que le TTU fixe des objectifs inatteignables, et heurte de plein fouet le perfectionnisme de la plupart. On veut bien faire, et faute d’y arriver, on culpabilise. ». « Il faut relativiser les urgences, poursuit la psy. Exiger de l’autre une vraie deadline, et mettre en face les moyens d’y parvenir. S’il y a malgré tout engorgement (donc panique), c’est que le profil de poste est peut-être mal taillé. À re-considérer avec son N+1. Enfin, il est toujours possible de se faire prescrire, par un généraliste, un bilan neuro-psychologique, qui va évaluer – par des tests, des problèmes – votre état cognitif. » Résultats en main, votre chef saura sans doute mieux vous écouter…

L’obsession productive


Le problème. Il faut faire du chiffre. Quel que soit son métier. Être rentable pour son entreprise. Pire, et quasi comique, « ces dernières années ont vu émerger des méthodes de management rétrogrades, juge Denis Pennel, avec l’intensification du reporting (l’obligation de remplir des tableaux de bord pour rendre compte des résultats obtenus). Quoi de mieux pour tuer l’initiative individuelle ? » Le philosophe Pascal Chabot va plus loin (Dans Global Burn-Out (PUF) ) : « On caresse l’amour-propre des salariés en leur disant qu’ils sont « entrepreneurs d’eux-mêmes » mais à la seule fin d’exiger d’eux plus de flexibilité et de résistance au stress. On joue avec leur narcissisme. » À la clef, épuisement, lombalgies et troubles musculo-squelettiques.
La réaction. Primo, il faut avoir en tête ce chiffre : la France détient la 3e productivité horaire au monde derrière les USA et la Norvège. Alors on a de la marge, merci. Marie Pezé recommande « de s’accorder des temps de répit cognitif. Une micro sieste, ou même fermer les yeux durant une montée d’escalator ou d’ascenseur. De simples pauses actives de 5 minutes/ heure permettent aux fibres musculaires de se « remettre à zéro ». » Enfin, le chercheur en philo Matthew Crawford, dont on attend le livre « L’attention, un problème culturel » pour 2014, propose ceci : « On doit engager des actions qui structurent notre attention. Car cette masse de choses à faire est en plus un papillonnement permanent (on passe d’un dossier à l’autre, parfois on les gère ensemble). Les travaux manuels sont un remède, la cuisine par exemple. Préparer un repas soigné demande une grande concentration. Et canalise notre énergie efficacement. » Alors, tous aux fourneaux ?

Lire aussi:

29 juillet 2014

A lire: La sénatrice de Corrèze Patricia Bordas s'empare du problème du burn-out

Une bonne nouvelle pour les salariés. Les sénateurs prennent une direction très positive...

Retrouvez l'article de Gwenola Beriou sur le site de France 3 Limousin:

Elle a fait adopter au Sénat une proposition de résolution visant à "mieux protéger la santé des travailleurs et lutter contre les risques psychosociaux".
Le burn-out et autres pathologies liées au travail toucherait 40 000 personnes en France. © Frédéric Cirou / Alto Press / MaxPPP
© Frédéric Cirou / Alto Press / MaxPPP Le burn-out et autres pathologies liées au travail toucherait 40 000 personnes en France.

La proposition de résolution a été signée par plus de 40 sénateurs et adoptée il y a quelques jours.
Patricia Bordas rappelle que c'est, en son temps, le corrézien René Teulade, ancien ministre des Affaires Sociales du gouvernement Bérégovoy (1992-93), , qui - le premier - avait soulevé ces problématiques.

Le texte propose notamment que les affections d'origine professionnelle (épuisement, dépression...) soient reconnues comme maladies professionnelles, et donc qu'elles soient prises en charge par la branche "accidents du travail-maladies professionnelles" largement financée par les employeurs.
"Cela les inciterait à être plus vigilants", explique Patricia Bordas.

Elle souhaite par ailleurs que les bilans sociaux annuels, menés dans les entreprises de plus de 300 salariés, soient - dans la mesure du possible - étendus aux plus petites structures, et que ces bilans débouchent sur des rapports annuels de performance sociale afin que les chefs d'entreprise se saisissent réellement des problèmes liés aux risques psychosociaux.

A la rentrée, cette proposition de résolution sera étudiée et pourrait devenir une proposition de loi.

06 février 2014

Souffrance au travail des enseignants

A lire dans La voix du Nord: l'article de Ruben Muller, Béthune : souffrance au travail, quand les profs témoignent...

« Il y a deux ans et demi, une élève m’a décoché un coup de pied pendant un cours. En conseil de discipline, elle a été exlue avec sursis. Elle a repris le chemin de l’école le lendemain. Moi, je ne suis jamais revenue. Je suis en dépression profonde et mon poste a été supprimé à la dernière rentrée. À la fin de mon arrêt, je devrai repartir de zéro, je serai peut-être mutée à l’autre bout de l’académie. » Plus que dans l’agression dont elle a été victime, Carine (1), professeur d’éducation physique et sportive, voit dans « l’attitude de la hiérarchie » la cause de sa situation.

Carine a été agressée par une élève à l’automne 2011.
À l’époque, Carine reçoit le soutien du ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel face à « cet acte inqualifiable », le recteur Marie-Jeanne Philippe « condamne fermement cet acte de violence » mais « le proviseur ne m’a jamais entendue sur le déroulement des faits et il n’avait même pas prévenu mes collègues de mon agresssion ».

« Si la hiérarchie ne soutient pas ses profs, ils ne peuvent pas être crédibles aux yeux des élèves »
Quant au conseil de discipline, « il ne l’a pas pris au sérieux. Un prof qui devait y siéger était absent et n’a pas été remplacé, les deux délégués de classe ont été autorisés à partir avant d’être entendus parce qu’ils avaient un bus à prendre... Si la hiérarchie ne soutient pas ses profs, comment peuvent-ils être crédibles aux yeux des élèves ? Le bruit qui court, c’est que les élèves sont rois. Et leur langue court vite. »
Le cas de Carine n’est pas isolé. Fin janvier, le syndicat Action et démocratie (A&D), majoritaire dans l’enseignement professionnel, consacrait un séminaire à la souffrance au travail et au burn out des enseignants à la Charité à Béthune. Une cinquantaine de professeurs, dont une quinzaine de Béthune, assistent à cette journée de réflexion animée par Lucien Cornille, ancien responsable syndical régional.

« Une enseignant sur sept en situation d’épuisement professionnel »
« Un enseignant français sur sept est en situation de burn out, d’épuisement professionnel (2), détaille Michel Paillard, professeur au lycée professionnel André-Malraux de Béthune et secrétaire départemental d’A&D. Ils sont écartelés entre leur désir de bien faire et des conditions d’enseignement de plus en plus déplorables, notamment en lycée pro où la mise en place du bac pro en trois ans en 2009 n’a rien arrangé. »
Le syndicaliste pointe une évolution des causes du mal-être des enseignants, des élèves vers la hiérarchie. « Au début, on organisait surtout des formations sur la gestion des classes et des élèves difficiles. Depuis cinq ou six ans, on s’intéresse de plus en plus à l’attitude de l’institution vis-à-vis des enseignants. Les collègues se sentent dévalorisés. »

« Formatage de l’administration »
La question est particulièrement sensible à Malraux, dont une professeur de secrétariat, Marielle Croquefer, s’est suicidée en octobre 2012. Dans une lettre, elle expliquait son geste par des décisions administratives et la crainte de redevenir titulaire de zone de remplacement (TZR). « Dans ses conclusions, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) d’Arras insiste sur un suicide hors du lieu de travail. Il ignore certainement qu’un prof a 50 % de son temps de travail à domicile, ironise Michel Paillard. Il propose aussi de former davantage les enseignants aux récentes réformes mais il ne remet nullement en cause la hiérarchie. »
À la Charité, on parle également de « déshumanisation ». « Avant, la salle des profs étaient animée, raconte une prof. Maintenant, ce n’est plus qu’un lieu de passage où on récupère notre courrier. L’administration ne participe plus activement à la vie du lycée, elle reste confinée dans ses bureaux. » « Le proviseur ne m’a même pas appelée pour me prévenir quand mon poste a été supprimé », s’étrangle Carine. Et les enseignants de mettre en cause le « néo-management libéral, le formatage de l’administration : notre proviseur actuel s’en ira mais son remplaçant sera du même tonneau ».
1. Prénom d’emprunt.
2. Enquête MGEN effectuée en mai 2011 auprès de 5 000 agents de l’Éducation nationale : 24 % d’entre eux étaient en situation de tension au travail ; 14 % en situation de burn out.

04 mars 2013

Ecouter: La société est-elle menacée par le « burn-out » ?

Après l’immolation de Djamal Chaab devant une agence Pôle Emploi à Nantes le 13 février, les 3 tentatives d’immolations survenues la semaine dernière ont porté à 5 en une semaine les gestes de désespoir face à la précarité et à l’impossibilité de trouver du travail. Le mal-être face à l’emploi et face au chômage, qui semble aller croissant, peut être expliqué par le rapport spécifique des Français au travail. Face au désespoir et à l’inquiétude (84 % des français placent le chômage en tête de leurs préoccupations selon un sondage paru début janvier), quelles sont les solutions ? La société est-elle menacée par le burn-out ? Faut-il voir dans le mal être au travail une défaillance des entreprises, de l’Etat ou de notre système entier ? C’est un problème qui demande des réponses autant politiques que philosophiques…



Danièle Linhart © RADIO FRANCE


France Culture a reçu Danièle Linhart, sociologue du travail et directrice de recherche au CNRS Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Elle a publié entre autres Travailler sans les autres ? (Seuil, 2009) et La modernisation des entreprises (La Découverte, 2010). A partir de 8h15, elle sera accompagnée par Pascal Chabot, philosophe, au téléphone depuis Bruxelles. Il enseigne à l’ Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales (Bruxelles), et vient de publier aux PUF Global burn-out.


Avec :
Danièle Linhart
Sociologue du travail et directrice de recherche au CNRS Université Paris Ouest Nanterre La Défense 
Pascal Chabot au téléphone en deuxième partie
Titulaire à l'Institut des hautes études des communications sociales (IHECS) (Bruxelles)




Les matins - La société est –elle menacée par... par franceculture

14 février 2013

Ecouter: le burn out sur France inter



dépression © Radio France - 2013 / Jason Michael

Des «  crises » qui submergent certaines personnes : « une implosion, des larmes, une bouffée de détresse qui submerge, effroi et incompréhension, un vide des profondeurs, une absence qui ressemblait à une folie … Tels sont les symptômes du syndrome du burn-out

Le burn-out, un mal qui concerne 10% des actifs , est un nouveau trouble qui se traduit par un état de vide intérieur proche d'une profonde dépression
Avant d’être un problème individuel, le burn-out est d’abord une pathologie de civilisation.
Marquée par l’accélération du temps, la soif de rentabilité, les tensions entre le dispositif technique et des humains déboussolés, la postmodernité est devenue un piège pour certaines personnes trop dévouées à un système dont elles cherchent en vain la reconnaissance. Mais ce piège n’est pas une fatalité. Face aux exigences de la civilisation postmoderne, on peut se demander comment transformer l’œuvre au noir du burn-out afin qu’il devienne le théâtre d’une métamorphose, et que naisse de son expérience un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs.
Qu’est ce qu’un burn-out ? Quels sont les premiers signaux d’alerte ?  Y a-t-il un profil, des personnes plus vulnérables que d’autres ? Que faire quand on se sent si mal : à qui en parler ?  Burn-out, suicides… Jusqu’où ? Comment en tant que psychologue travaille-t-on sur ce genre de symptômes spécifiques ? Comment se passe une consultation ? Que vous disent les patients victimes de burn-out ? Y a-t-il des secteurs épargnés ? 
Subir, s’adapter, résister comment s’opposer à l’accélération du temps, à l’organisation du travail et être reconnu ? Y a-t-il plus de burn-out qu’avant ? Qu’est ce qui a changé dans le monde du travail ? La faute à qui ?  Peut-on parler de comportements managériaux maltraitants ?
Avec
Pascal Chabot, philosophe et professeur à l'IHECS à Bruxelles, auteur de « Global Burn-Out » de Pascal Chabot Ed PUF Collection Perspectives critiques
et Marie Pezé,  docteur en psychologie, expert judiciaire, responsable du réseau de consultations  «Souffrance et Travail» ainsi que du CES de Psychopathologie du travail au CNAM
« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés. Journal de la souffrance au travail » août 2008 Ed Pearson  (et vendu également désormais en poche par Flammarion)
« Travailler à armes égales. Souffrance au travail : comment réagir » avril 2011 Ed Pearson 

08 septembre 2012

Campagne belge de prévention des risques psychosociaux

Quand le travail empiète sur la vie privée, quand vous rapportez chez vous votre stress et votre souffrance...
Voici les vidéos proposés dans une campagne belge pour prévenir la souffrance au travail et dénoncer l'un de ses nombreux effets...






Le site vous propose de faire un test pour savoir où vous en êtes face à la souffrance au travail:
FAIRE LE TEST

Si vous sentez que vous perdez pied, ne restez pas isolé et n'hésitez pas à consulter un psychologue du travail:
- sur rendez-vous
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27 août 2012

A lire l'article de Laurent Saussereau, Plaisir et travail : une approche alternative aux risques psychosociaux ?


Retrouver cet article sur le site des Echos.

Travail : du latin populaire "tripalium" qui désignait un instrument d’immobilisation (et éventuellement de torture) à trois pieux. On appelle encore "travail" un appareil servant à immobiliser les chevaux rétifs pour les ferrer ou les soigner.

L’engagement au travail
Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se soucier du niveau d’engagement de leurs employés, convaincues que ce niveau d’engagement est un des leviers clés de leur performance. Pour le mesurer, nombre d’entre elles déploient annuellement des sondages internes (commitment survey) pour en mesurer le niveau et établir des "benchmarks" avec les entreprises de leur secteur. Or sans énergie, pas d’engagement !
Bien que rares, certaines entreprises commencent à prendre en compte cette approche "énergétique" de l’entreprise, la considérant comme un système vivant, un espace d’échange de flux (Joel de Rosnay, "Surfer la vie").
Si du niveau d’engagement dépend la performance de l’entreprise, du niveau d’énergie dépend le niveau d’engagement. La performance est donc directement liée au niveau d’énergie des individus qui la compose. Des études menées par le mouvement de psychologie positive né aux USA dans les années 90 ont porté sur ces notions d’énergie, de dynamique de motivation et de déclencheur de bonheur. L’un des fers de lance de cette approche, le psychologue Hongrois Mihály Csíkszentmihályi (1), montre que deux facteurs élèvent le niveau d’énergie : la peur, le plaisir.
Le salaire de la peur
Notre éducation nous a souvent conditionnés à fonctionner sur la peur : peur de l’échec, de la sanction, de manquer, de perdre, du jugement… Comme le montre Yann Algan (2) dans son ouvrage "La fabrique de la défiance", nous avons été conditionnés – et en particulier en France – à un modèle relationnel fondé sur la défiance et la peur de l’autre (potentiel compétiteur ou prédateur), la peur de l’étranger.
Or la peur a 3 conséquences, ce que nous appelons les "3F" :
1 - Freeze : c’est l’inhibition, l’immobilisme total.
2 - Fly : l’individu s’enfuit physiquement ou psychologiquement, c’est la démission pouvant en cas extrême conduire au suicide.
3 - Fight : c’est le combat, le début de la violence déclenchée par la colère.
La peur est l’énergie dominante dans l’entreprise, et dans le monde professionnel en général à la fois par le conditionnement que nous avons eu dans notre éducation et par la logique de défis permanents qu’elle pratique en donnant des objectifs toujours plus élevés et des moyens souvent plus restreints. Cette peur sans relâche conduit généralement à l’épuisement des forces vitales des individus se traduisant par le "burnout" des cadres, l’absentéisme, les arrêts de travail pour maladie ou accidents… Le tout pesant – d’après les organismes de sécurité sociale – près de 50 milliards d’euros pour 2011. La note de la logique de performance conduirait-elle alors à une sous-performance sociale ?
Le plaisir, pourquoi pas ?
Peut-être à cause de son étymologie, le travail semble souvent antinomique de la notion de plaisir. Il est même souvent tabou dans l’entreprise et nous avons eu souvent l’occasion de rencontrer une forte résistance à l’utilisation quasi interdite de ce terme dans certaines d’entre elles.
Le plaisir est cette sensation que nous connaissons tous, ce moment où le temps n’existe plus et où, pris dans un flux d’énergie vitale (ce que Mihály Csíkszentmihályi appelle "The flow"), nous donnons le meilleur de nous dans la tache accomplir.
En interrogeant des collaborateurs d’entreprises différentes sur ce qui génère pour eux du plaisir dans le travail, ceux-ci expriment :
- Les moments de lien : rencontre avec leurs collègues, travail en équipe, cafétéria ou cantine…
- La fierté du travail bien fait.
- Le sentiment d’être utile.
- Pouvoir créer, apporter de soi.
- Le lien de confiance avec le supérieur.
Le salaire n’est que rarement cité.
Cette notion de plaisir est très fortement ancrée dans les attentes de la génération Y ou "Digital Natives" nées après 1990 et qui commencent à arriver dans les entreprises. Ils bouleversent les valeurs, recherchent l’enrichissement de l’expérience au travers de l’interaction avec les autres différents d’eux. Le lien, le sent, avoir un rôle est au cœur de leur besoin. Génération "gaming", ils considèrent le travail comme un jeu et fuient les luttes, le pouvoir et la compétition.
Sortir de la souffrance
Si l’on croit que l’homme n’est pas fait pour la souffrance, mais bien pour vivre heureux, alors peut-être est-il temps de considérer comment l’entreprise dans laquelle nous passons plus de 7 années de notre vie en temps cumulé peut elle devenir un lieu de plaisir, un lieu contribuant à ce que L. Ferry (3) appelle une "vie bonne".
La plupart des actions menées dans les entreprises aujourd’hui le sont autour des risques psychosociaux et donc centrés sur le problème et en particulier le stress. En se centrant ainsi sur le problème, ne risque-t-on pas de le renforcer ? D’avoir en conséquence un accroissement de ces mêmes risques psychosociaux.
Et si l’approche était alternative, une approche centrée sur la recherche des conditions du plaisir, du bonheur ? La première étape serait alors sans doute de réhabiliter le terme dans l’entreprise et pour ce faire l’enjeu est avant tout culturel.
Et si on écoutait les jeunes ?
La génération Y qui arrive dans les entreprises sera peut-être l’élément déclencheur de ce changement de culture pour notre plus grand plaisir à tous…
(1) Vivre : "La psychologie du bonheur", Mihály Csíkszentmihályi.
(2) "La société de défiance", Yann Algan, Pierre Cahuc 10/2007.
(3) "Qu’est ce qu’une vie réussie ?", L. Ferry, Paris Grasset 2002.

15 février 2012

TV, regarder: Malade du travail, de Manfred Bauer

On nous parle beaucoup du modèle allemand, le bon élève de l'Union européenne. Son faible taux de chômeurs, le peu de licenciements, l'harmonie syndicats-employeurs. On parle beaucoup moins du burn-out, qui toucherait un Allemand sur 5 (lire l'article du Figaro: le burn-out, contrepartie du modèle économique allemand)

Le 23 février, à 22:35, sera diffusé un documentaire de Manfred Baur et Hannes Schuler: Malades du travail (55 min), consacré au syndrôme d'épuisement professionnel, plus connu sous le nom de burn-out.

Selon l'OCDE, un salarié sur cinq est atteint de troubles psychiques liés au travail. Mais le syndrome d'épuisement professionnel, communément appelé burn out, n'est toujours pas reconnu comme une maladie à part entière. En interrogeant des médecins, des chercheurs et des patients à qui a été posé le diagnostic d'épuisement professionnel, les réalisateurs de ce documentaire dressent un état des lieux très précis. Comment le burn out s'installe-t-il ? Comment se traduit-il ? En quoi se distingue-t-il de la dépression ? Et surtout, comment sortir de cet effondrement qui rend l'individu inapte au travail et à toute vie familiale et sociale normale ?

Rediffusion le 03.03.2012 à 12:10