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08 octobre 2013

Dans la peau d'un chômeur de plus de 50 ans, documentaire

Je viens de tomber sur ce documentaire, très intéressant et malheureusement d'une violente réalité...
Quand l'absurdité des commanditaires impose aux recruteurs de se limiter aux salariés de plus 25 et moins 45 ans... (et caucasien homme, tant qu'à faire...).
Désespérant à une période où l'on demande aux salariés de travailler plus longtemps.

DANS LA PEAU D'UN CHÔMEUR DE PLUS DE 50 ANS

  • Genre : Documentaire - Culture Infos
  • Pays : France
  • Date de sortie : 2013
  • Réalisateur: Gilles de Maistre
  • Tous publics

Synopsis : Aujourd’hui en France, il y aurait environ un million de chômeurs de 45 ans et plus. Pour comprendre les difficultés que ces « seniors » rencontrent, Gilles de Maistre s’est glissé dans la peau de Gilles Lafon, commercial quinquagénaire, au chômage pour la première fois de sa vie. En caméra cachée, il filme son parcours, de l’inscription au Pôle Emploi au Forum Emploi Seniors, jusqu’aux démarches personnelles comme l’optimisation du curriculum vitae. Il rencontre également des spécialistes, à l’image de Jean-François Amadieu, sociologue spécialiste des discriminations à l’embauche.


  • DIFFUSIONS TV
  • StéréoSous-titres sourds/malentendants16:9Inédit  Mar 08 à 20h41 sur France 5
  • StéréoSous-titres sourds/malentendants16:9  Jeu 17 à 01h05 sur France 5

22 septembre 2013

A lire, l'article "Vous voulez vraiment ce poste? Et bien dansez maintenant"

Candidat, vous n'êtes pas obligés de tout accepter en entretien ! Et si vous voulez malgré tout le job, demandez-vous toujours si vous voulez intégrer une entreprise prête à vous casser ou vous humilier avant même que vous l'ayez intégrée, avec le risque que cela devienne votre quotidien...

En attendant, vous pouvez lire cet article très intéressant d'Edouard de Mareschal pour le Figaro, et surtout regarder la série The Office, version anglaise, qui est fabuleuse (quand on aime l'humour anglais) :


Les entreprises rivalisent de créativité pour renouveler l'exercice de l'entretien d'embauche. Mais ces initiatives ne sauraient faire oublier la nature inégalitaire du recrutement, à la défaveur du candidat.

Lorsque Alan Bacon a décroché son entretien d'embauche au magasin d'électronique Currys à Cardiff pour un poste de vendeur, ce jeune étudiant britannique de 21 ans s'attendait à défendre ses diplômes et ses compétences. Mais quelle ne fut pas sa stupéfaction quand, face à ses recruteurs, on lui demanda de faire la «danse du robot» sur de la musique électronique. «Je me suis senti très embarrassé et mal à l'aise, à danser sur ‘Around the World' de Daft Punk, faisant la danse du robot dans mon costume face à un groupe d'inconnu», raconte le jeune étudiant britannique de 21 ans à la BBC. «J'ai dit à mon père que c'était digne d'une scène de «The Office» [une série britannique satirique sur la vie au bureau, NDLR]. Je serais bien reparti, mais j'ai besoin d'un travail.»
Ces dernières années, les entreprises multiplient les initiatives pour dépoussiérer leur processus de recrutement. Pizza Hut a organisé une entrevue en ligne de 140 secondes. Heineken a recruté son stagiaire à l'aide d'un acteur chargé de tenir le candidat par la main et simuler un malaise en plein entretien qui se termine par une fausse alerte à incendie. La marque de prêt-à-porter H&M a lancé en 2009 des «cocktails recrutement» dans ses propres magasins. GFI Finances organise des soirées Salsa, poker et rugby. Des initiatives risquées: les plus réussies sont très bien accueillies, comme la vidéo d'Heineken qui a été vue plus de cinq millions de fois sur YouTube. Mais les échecs peuvent entacher la réputation de la marque, à l'image de Currys son entretien sur danse électronique. L'enseigne a dû présenter des excuses publiques. [...]

Une société française pourrait-elle demander à ses candidats de faire la danse du robot pour obtenir un poste de vendeur? Probablement pas. Les méthodes de recrutement «doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie», dispose l'article L-7 du Code du travail. Le code de déontologie du Syndicat du Conseil en Recrutement (Syntec) ne dit pas autre chose: L'article 10 rappelle que les tests d'évaluation ne se font «qu'au regard de compétences et comportements en relation avec un poste à pourvoir». [...] 

Le cadre légal français ne protège donc pas les candidats de tout abus. Le documentaire «La gueule de l'emploi» de Didier Cros, est édifiant à ce sujet. Diffusé sur France 2 en 2011, il mettait en lumière la violence morale et l'humiliation des candidats dans certains processus de recrutement. [...]

Lire l'article en intégralité
A propos du documentaire la Gueule de l'Emploi: lire
A propos du recrutement Heineken: lire

09 juin 2013

Lire l'article: e-Réputation : un jeune sur 10 a raté un emploi à cause des réseaux sociaux de Victoria Houssay



© Thinkstock

Il semblerait que les 16-34 ans ne soignent pas suffisamment leur e-réputation : un jeune sur dix s'est en effet vu refuser un emploi à cause de sa présence sur les réseaux sociaux, après les recherches en ligne d'un recruteur.

Les recruteurs se frottent les mains grâce à l’outil Google : grâce au moteur de recherche, ils peuvent fouiller le passé et le présent de leurs candidats en un clic. Une pratique qui handicape les jeunes, apparemment trop peu regardants sur les informations qu’ils laissent en ligne. Un jeune sur dix s’est déjà vu refuser un emploi à cause de sa présence en ligne, qu’il s’agisse d’une photo ou d’un commentaire qui n’était pas au goût du recruteur. 

Un tweet déplacé, une photo compromettante

Le résultat vient d’une enquête menée dans six pays développés ou en voie de développement (Royaume-Uni, États-Unis, Brésil, Chine, Inde et Nigéria) auprès de 6000 jeunes. Menée par l’institut américain On Device Research, elle révèle que 9% des britanniques ont déjà vu un poste leur passer sous le nez à cause d’un contenu posté sur un réseau social, qu’il s’agisse d’un tweet déplacé, d’une photo compromettante sur Instagram ou d’un statut Facebook douteux. 


Ils ne réalisent pas les risques

Loin de se méfier et de peaufiner leur e-réputation, les jeunes ne voient pas les risques que peut représenter un usage mal maîtrisé des réseaux sociaux. Ils sont ainsi 70% à avoir répondu « non » à la question « la possibilité que les réseaux sociaux puissent avoir un impact négatif sur votre carrière vous ferait-elle renoncer à les utiliser ? ». Pis, ils accordent plus d’importance à ce que penserait un « ami » (avec la définition qui s’applique sur les réseaux sociaux) de leur profil qu’à ce que pourrait en penser un employeur.

Retrouvez l'article sur le site Terrafemina

14 mars 2013

Peut-on se préparer à tous types d'entretiens d'embauche ?

Peut-on se préparer à tous types d'entretiens d'embauche ? Pas toujours...
Heineken - The Candidate par croquinambourg

Mais pour tous les entretiens "normaux", se préparer pour ne pas commettre de bourdes et être capable de se démarquer est utile...
Pour vous entraîner, cliquez ici: simulation d'entretien

09 février 2013

Quand les entretiens d'embauche virent au délire


Marianne publie ce mois-ci un article très intéressant et réaliste sur les dérives actuelles que connait le recrutement en France. Standardidation à tout prix, tentatives désespérées de rationalisation, recherche éperdue du cv copié/collé de la fiche de poste font s'interroger sur la plus value du recruteur qui n'est plus capable de prendre le moindre risque, quand ce n'est pas plus simplement sa hiérarchie qui lui interdit toute possibilité d'initiative... C'est d'ailleurs cette frilosité des spécialistes du recrutement qui contribue fortement à la discrimination des profils qui "dérangent" : jeunes diplômés, senior, femme, personnes qui se réorientent ou ont un trou dans le CV, personnes qui n'ont pas le bon diplôme ou au chômage...

Retrouvez l'article sur le site de Marianne

Recrutement, ton univers impitoya-a-ble ! Pour décrocher un emploi, un solide CV ne suffit plus. Il faut désormais en passer par des face-à-face sadiques ou farfelus avec des employeurs ou des chasseurs de têtes très imaginatifs.


JAUBERT/SIPA
JAUBERT/SIPA
Georges sent ses mains devenir moites, son regard de bête traquée vacille. Seul, face à un jury de quatre personnes qui le bombardent, il est sommé de faire son autocritique. On se croirait dans un tribunal soviétique ; ce n'est pourtant qu'un entretien d'embauche. «Vous êtes stressé, Georges ? Vous êtes impressionné d'être là ?» «Vous mettez toujours du temps à comprendre les choses ?» «Par quoi compensez-vous cette lenteur ?» «Où sont vos insuffisances, Georges ?» Une heure et demie d'humiliations pour espérer décrocher un poste de commercial au GAN payé au Smic : voilà ce que filme Didier Cros dans son documentaire intitulé la Gueule de l'emploi. 

Pour le sociologue Vincent de Gaulejac (1), aucun doute, la «lutte des places» s'est désormais substituée à la lutte des classes, et ce n'est pas spécialement une bonne nouvelle : «Il y a un tel décalage entre le nombre d'emplois disponibles et le nombre de personnes actives en âge de les occuper que cela provoque forcément de la violence...» D'un côté, des candidats dans la galère, prêts à tout pour décrocher un job souvent vital : «On est là pour se taper dessus, pas de pitié !» affirme l'un d'eux - recalé dès le premier tour. De l'autre côté de la table, des employeurs convaincus d'être dans leur bon droit : c'est qu'il faut bien faire le tri ! Quitte à confier le recrutement à un cabinet de chasseurs de têtes aux méthodes un brin sadiques. 

Le sociologue appelle cela la «violence innocente» : personne n'est malintentionné, et pourtant le résultat est digne de l'expérience de Milgram (2). Enjeu stratégique par excellence, le recrutement cristallise aujourd'hui toutes les tensions qui minent le marché du travail. Les CV charriés par la crise s'entassent par centaines sur les bureaux des chefs d'entreprise. Dépassés, certains préfèrent déléguer la sélection des profils à des tiers, sur qui ils pourront opportunément rejeter la faute en cas d'erreur de casting. Car le processus d'embauche est long, coûteux et risqué : «Si on se rend compte que ça ne colle pas à l'issue de la période d'essai, il faut tout recommencer depuis le début... C'est une perte de temps et d'argent considérable. 

« Si on s'en rend compte après la période d'essai, c'est encore pire évidemment !» explique le patron d'une entreprise de nouvelles technologies. «Recruter quelqu'un de sain, c'est ce qu'il y a de plus difficile !» affirme carrément Jean-Claude Delgènes, directeur de Technologia, un cabinet de prévention des risques liés au travail. A en croire les employeurs, les 10 millions de Français au chômage seraient majoritairement des boulets, et les bons profils, une denrée rare ! Du coup, tous les moyens sont bons pour se rassurer en tentant de faire du recrutement une science exacte, objectivée par des tests, validée par de savants schémas. 

«La sélection est devenue un enjeu sensible, les organisations ont inventé des dispositifs pour rationaliser, objectiver les choses, confirme Vincent de Gaulejac. Entre les chasseurs de tête et les officines de sélection, le recrutement est aujourd'hui un véritable marché.» Et tant pis si les méthodes de rationalisation sont parfois limites. Et si les entretiens flirtent souvent avec, au mieux, l'impolitesse, au pis, l'illégalité. «Après trois entretiens réussis chez Total, la responsable des RH a fini par m'avouer qu'en réalité le poste avait déjà été pourvu en interne, se souvient Patricia, 32 ans. Ils ne m'avaient fait venir que pour donner l'apparence d'un recrutement à plusieurs candidats, mais les jeux étaient faits depuis le début. J'ai trouvé ça gonflé.» Plus personne n'est gêné de faire déplacer quelqu'un deux, trois, dix fois... 

Même pour un stage à 400 euros ou un CDD. «J'ai eu quatre entretiens pour un CDD de quatre mois, rapporte Marine, chargée de communication dans le domaine de la santé. Au final, on m'a expliqué que j'étais trop qualifiée pour le poste.» Pour sa part, Célia, 27 ans, diplômée d'une école de commerce, conserve un assez mauvais souvenir de ses entretiens dans un syndicat agricole : «Personne ne m'avait prévenue que les entretiens allaient durer toute la journée. J'étais en poste, et j'ai dû me faire porter pâle auprès de mon boulot... Deuxième surprise : c'était un entretien collectif. Les employeurs font ça pour gagner du temps, mais ils font semblant d'oublier que ça verrouille complètement les prétentions individuelles. On ne négocie pas son salaire quand on est six dans une pièce.»

Plutôt que de multiplier les tests et les mises en situation, certaines entreprises choisissent de déléguer la responsabilité du recrutement... à leurs salariés ! «Personnellement, je suis très favorable à la cooptation, affirme Jean-Claude Delgènes. Si vous avez un bon élément dans votre équipe, vous avez une excellente chance qu'il vous amène un autre bon élément, ça permet de limiter les risques.» Signe des temps, la «cooptation» - traduire : le piston - est aujourd'hui acceptée et revendiquée par tous. Chez Google, elle est même encouragée par une prime : 4 000 e sont versés à tout employé ayant recommandé un candidat recruté à son tour. Le sport maison consiste donc à entraîner son poulain pour qu'il ne se laisse pas déstabiliser par les questions tordues qui ont fait la réputation de l'entreprise : combien de balles de golf un camion peut-il contenir ? 

Combien de fois par jour les aiguilles d'une horloge se chevauchent-elles ? «Le but, c'est d'évaluer les capacités de raisonnement de la personne, explique Sarah, employée chez Google. A moi, on m'avait demandé combien de poils possède un teckel ! J'avais estimé que le teckel était un cylindre d'une surface de 50 cm2, qu'il avait 400 poils par centimètre carré de peau, et puis j'avais rajouté 30 % pour la tête, les pattes, la queue...» Bonne nouvelle, les postulants peuvent désormais se faire la main en potassant le livre Etes-vous assez intelligent pour travailler chez Google ? (3), qui délivre trucs et astuces pour répondre avec panache à des questions absurdes. Mais, pour être embauché dans l'entreprise préférée des jeunes diplômés, être malin ne suffit pas : le candidat doit aussi faire l'unanimité chez ses futurs collègues. Même une personne située au-dessous de lui hiérarchiquement peut opposer son veto et faire dégager le prétendant. Mieux vaut donc être compatible avec l'«esprit Google» pour espérer faire partie de la famille. 

«Dans un monde où ce ne sont plus les compétences qui priment, mais les qualités humaines, relationnelles, on sélectionne sur ce que vous êtes, et sur votre degré d'acceptation des normes du système», note Vincent de Gaulejac. Autrement dit, en 2013, l'employé modèle doit être adaptable, mobile, beau (mais pas trop non plus, sous peine d'être soupçonné d'incompétence), avoir la poignée de main ferme et la démarche assurée, être dépourvu d'accent et de bedaine... et avoir le travail pour seul horizon. 

«Les boîtes essaient de trouver des "pattern 1", c'est-à-dire des gens surinvestis, qui adorent le travail, explique Jean-Claude Delgènes. Il existe des tests psychologiques qui permettent de les détecter.» Internet regorge de tests qui proposent de sonder l'âme des recrues potentielles, de démasquer les tire-au-flanc et peut-être de mettre la main sur le Graal : les «pattern 1», les maboules du boulot, ceux qui resteront jusqu'à 23 heures sans même quémander un sandwich. Résultat, le «marché» du recrutement est surtout un immense jeu de dupes. Les candidats à l'embauche deviennent des bêtes à concours, s'entraînent à déjouer les pièges et gonflent leur CV, parfois avec l'aide d'un coach ; et les recruteurs vont de plus en plus loin dans leurs techniques d'investigation. Quitte à fouiller dans la vie privée des postulants.
« Le traditionnel «Madame ou mademoiselle ?», par exemple, est avantageusement remplacé par un petit tour sur Facebook, comme le raconte Laure : «Au neuvième entretien chez Microsoft, on me dit que c'est bon, j'envoie mes photocopies de carte d'identité, de carte Vitale. On m'informe d'un dernier entretien avec le directeur marketing et commercial France qui ne sera qu'une "pure formalité". Le fameux directeur me dit "Tiens, je vais aller sur votre profil Facebook !" En voyant ma photo en robe de mariée, il me lance : "Ah, vous êtes mariée." Je réponds : "Oui, mais je n'ai pas l'intention d'avoir d'enfant dans les deux prochaines années, si c'est cela qui vous inquiète." Sur ce, le ton de l'entretien change du tout au tout pour devenir très froid. Quelques jours plus tard, la responsable des RH me rappelle pour m'annoncer que ma candidature n'avait pas été retenue parce que je n'étais "pas assez adaptable".»

Quand l'enquête façon inspecteur Derrick ne donne rien, reste la magie. Jean-François Amadieu, auteur de DRH, le livre noir (4), dresse le bilan des techniques les plus foutraques utilisées par les recruteurs, de la morphopsychologie (évaluation de la personnalité en fonction des traits du visage) à la «méthode intuitive», appellation sophistiquée d'une pratique connue sous le nom de «voyance». Catherine Bidan, coach sortie d'HEC, explique sans rire que «l'intuition est le plus élevé des sept niveaux d'intelligence» : «Je reçois des images, des mots, des scénarios qui répondent à ce qui se pose des sensations. Je peux ressentir la peine d'une personne. Je peux malheureusement voir le scénario d'un fait divers avant que la télévision n'en annonce son déroulement.» 

Entre autres clients, le ministère de l'Economie et des Finances, Chanel ou PSA ont déjà fait confiance à Catherine Bidan et à ses dons. Jean-François Amadieu révèle aussi que «la France a le rare privilège d'être le pays au monde où se pratique le plus la graphologie». Scientifiquement, c'est prouvé, l'analyse de la personnalité par l'écriture ne vaut pas un clou. Mais peu importe : en 2007, la graphologie était pratiquée par 70 % des cabinets de recrutement. «Dans mon entreprise, on fait régulièrement appel à une graphologue pour départager des candidats qui nous intéressent, raconte Marie, qui travaille dans un cabinet de conseil. Mais, finalement, on utilise assez peu ses conseils, parce qu'on s'est aperçus que ses analyses sont toujours dithyrambiques !»

Dans le même registre, l'astrologie fait un malheur chez bon nombre d'employeurs. «J'ai été recrutée en stage dans un grand quotidien national parce que j'étais Capricorne ! raconte une journaliste. Le directeur avait reçu tellement de CV qu'il avait décidé de ne prendre que des Capricorne.» Un classique : Raymond Domenech n'a jamais caché que l'astrologie avait joué un rôle fondamental dans la sélection des joueurs de ses équipes de football. De son côté, le maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini affirme se méfier des Poissons, et soutient que «les Verseaux manquent souvent de détermination».

A quand le recrutement par télépathie ? La lecture du CV dans les entrailles d'un poulet ou dans la forme des nuages ? Le sacrifice de jeunes vierges pour s'assurer d'embaucher le bon candidat ? Les charlatans qui pullulent dans les cabinets de recrutement ont encore de beaux jours devant eux. Dommage pour les responsables des ressources humaines qui essaient de faire leur boulot honnêtement. Dommage, surtout, pour les candidats qui espéraient faire valoir une qualité désormais désuète : la compétence.  


(1) Auteur de Travail, les raisons de la colère, Seuil, coll. «Economie humaine», 2011.

(2) Une expérience menée en psychologie dans les années 60, et visant à étudier la soumission à l'autorité : sur ordre, les participants devaient envoyer des chocs électriques à d'autres. A l'arrivée, une séance de torture.

(3) William Poundstone, JC Lattès, 2013, 378 p., 20 €.

(4) Seuil, 2013, 236 p., 19,90 €.

Pour aller plus loin:
- La Gueule de l'emploi de Didier Cros
- Discrimination et recrutement


SOS JOB DATING

Pour recruter leurs ingénieurs, les entreprises d'informatique déclenchent de vastes opérations de séduction : dès lors, on ne parle plus d'«entretiens», mais de «job dating». «Les boîtes de SSII organisent des rencontres dans des bars, note Fabrice Mazoir, responsable éditorial des sites Régions Job. Le but, c'est de rendre le recrutement sexy, voire d'en convaincre certains de quitter leur job. Le mauvais exemple, c'est cette agence de pub qui avait organisé le recrutement de ses stagiaires via un tournoi de poker, ce qui est illégal. Mais il y a d'autres innovations. Par exemple, la société Akka Technologies invite chaque année des jeunes diplômés au ski pendant trois jours.» Et pendant ce temps, l'immense majorité des diplômés et des chômeurs lutte pour obtenir le plus petit CDD...

05 février 2013

Voir En quête de solutions sur les métiers qui embauchent

En quête de solutions - Embauches, CDI, bons plans, révélations sur la France qui recrute

En quête de solutions - Embauches, CDI, bons plans, révélations sur la France qui recrute 
  • Durée : 1h50
Synopsis : Au sommaire : *Ces métiers du bâtiment qui cartonnent* Chaque année, le secteur du bâtiment embauche 100 000 personnes, avec bien souvent des CDI à la clé. Les besoins sont tellement nombreux que les opportunités de décrocher rapidement un contrat bien payé sont nombreuses. *J'ai 20 ans et je crée ma boîte* De plus en plus de Français de 20 à 30 ans n'hésitent plus aujourd'hui à prendre leur destin en main en créant leur propre entreprise.
  • Diffusions tv
  • Stéréo 16:9 Inédit  Mer 06 à 20h50 sur D8
  • Stéréo 16:9  Dim 10 à 13h40 sur D8

01 février 2013

A lire, Les métiers qui recruteront les jeunes peu qualifiés

métiers qui recrutent


Chaque année, 114 000 recrutements de jeunes peu ou pas qualifiés pourraient être réalisés dans le secteur social, notamment pour les services à la personne, selon une étude du Credoc.
Les emplois d'aide à domicile, d'aide ménagère ou d'aides soignants représentent le plus fort potentiel d'embauches dans les années à venir pour les jeunes sans qualification.
Plus largement, 114 000 embauches par an pourraient être réalisées dans le secteur de l'économie sociale, selon l'Étude des besoins en mains d'œuvre dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, menée par le Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie). Cette étude est destinée à orienter la mise en place des prochains contrats d'avenir par le gouvernement.

Liste des métiers comptant le plus d'embauches potentielles par an

Métiers exercés par les jeunes peu ou pas qualifiés Embauches potentielles par an
Aides à domicile et aides ménagères 29 539
Aides-soignants 16 417
Agents d'entretien de locaux 9 320
Jardiniers salariés, paysagistes 7 322
Employés de maison et personnels de ménage 7 109
Professionnels de l'animation socioculturelle 4 117
Secrétaires bureautiques et assimilés 3 165
Assistantes maternelles 2 954
Éducateurs spécialisés 2 799
Ouvriers non qualifiés de l'emballage et manutentionnaires 2 655
Sportifs et animateurs sportifs 2 081
Ouvriers non qualifiés du second oeuvre du bâtiment 2 051
Employés de la banque et des assurances 1 623
Surveillants d'établissements scolaires 1 444
Aides, apprentis, employés polyvalents de cuisine 1 421
Ouvriers qualifiés polyvalents d'entretien du bâtiment 1 239
Ouvriers qualif. magasinage et manutention 1 189
Agents d'accueil et d'information, standardistes 1 171
Agents administratifs divers  1 144
Cuisiniers 1 091
Source : CREDOC, d’après Enquête Emploi et Enquête BMO

Deux facteurs expliquent cette demande croissante dans les services à la personne :
  • Le nombre de personnes ayant recours aux services de proximité augmente : dans 10 ans, 26 M de personnes auront moins de 20 ans ou plus de 70 ans.
  • De nombreux emplois d'aide à la personne deviendront vacants : d'ici 8 ans, 600 000 départs à la retraite auront lieu dans ce secteur.

Des emplois d'avenir pour répondre à la demande

Les contrats d'avenir mis en place par le gouvernement doivent permettre aux jeunes peu ou pas qualifiés d'intégrer le marché du travail. 150 000 emplois d'avenir devraient être créés d'ici 2014. Parmi les 4 000 contrats aujourd'hui installés, la moitié l'a été dans l'économie sociale et solidaire.

Retrouvez l'article de Pierre Anquetin sur le site Dossier Familial.

28 mars 2012

Sortie du DVD La gueule de l'emploi de Didier Cros

Nous avons été nombreux, en septembre dernier, à nous émouvoir en regardant l'effarant documentaire de Didier Cros, La Gueule de l'emploi.
Extrêmement éclairant sur l'approche déshumanisée qu'ont certains recruteurs de leur métier, ce documentaire va à nouveau pouvoir être visionné, à la télévision d'abord (Planète, le 04/04 à 20h, le 06/04 à 13h35, le 12/04 à 13h30, le 13/04 à 21h35), mais aussi, pour ceux qui n'ont pas cette chaîne, en DVD dès le 04/04/2012.

Pré-commander le DVD: cliquez ici


05 mars 2012

Discrimination hommes/femmes, Anne Quélennec, psychologue du travail

Vaste sujet, question complexe, qu'en est-il de la discrimination homme-femme en Europe ?

1-Etat des lieux
a-Salaire
D'abord, un constat: il n'existe aucun pays dans lequel existerait l'égalité salariale. Dans l'ensemble des pays du globe, les femmes sont confrontées au temps partiel, au travail non qualifié, au chômage, aux faibles salaires et à la discrimination. En Europe, les femmes touchent en moyenne 17% de moins que les hommes avec de nombreuses disparités:


b-Orientation scolaire
Alors que les études sont unanimes et montrent que les filles ont globalement de meilleurs résultats scolaires que les garçons, on observe dès la fin de la seconde une première séparation nette entre garçons et filles qui aura des répercussions sur leur avenir jusqu'à la fin de leur vie. En effet, la fin de la seconde générale marque un passage important, le choix de la filière pour le baccalauréat. La majorité des filles s'orientent vers la filière littéraire alors que les garçons privilégient la filière scientifique. La filière générale la moins marquée par un genre est probablement la filière économique et sociale. Deux ans plus tard arrive le second choix important, celui des études: filières dites d'excellence ou sélectives ou bien parcours court et professionnalisant, choix avec un objectif à long terme défini par une carrière visée ou choix à court terme privilégiant une matière appréciée. Même si les possibilité de rebondir ou de rectifier le tir existent, une bonne partie de l'avenir des jeunes Français est définie par le choix du diplôme visé et obtenu. On s'aperçoit ainsi que malgré un taux de réussite au bac supérieur pour les femmes, celles-ci sont paradoxalement moins présentes en classes préparatoires et consécutivement au choix de la filière, on retrouve plus d'hommes dans les prépas scientifiques (69,5% vs 30,5%) que dans les prépas littéraires. De même, à l'université, on compte plus de femmes dans les filières « lettres et sciences humaines » ( 70% vs 30%) et plus d'hommes dans les filières de l'ingénierie et de l'informatique (les IUT attirant par exemple moins de 10% de femmes pour le seul domaine de l'informatique).

Comme précisé plus haut, l'orientation scolaire en général et le diplôme obtenu en particulier vont influer sur l'ensemble des gains d'un individu. Observons le tableau suivant:

Source : Mainguené A., Martinelli D., « Femmes et hommes en débuts de carrière, les femmes commencent à tirer profit de leur réussite scolaire », in Insee premières, n° 1284, février 2010.

On peut faire plusieurs constats:
Les carrières privilégiées par les femmes sont, à quelques exceptions près, celles qui génèrent le plus de chômeurs. De même, ces carrières sont aussi celles qui emploient le plus de personnes à temps partiel. En revanche, on s'aperçoit que quels que soient la filière et le niveau de diplôme choisis, les femmes sont systématiquement moins rémunérées que les hommes.

Enfin, on constate que plus de la moitié des femmes se retrouvent dans 12 familles de métiers sur les 87 familles recensées. Certains de ces métiers sont occupés quasi-exclusivement par des femmes et sont peu gratifiants (moins d'autonomie, moins de management, moins bien rémunéré, d'après Amira S., « Les femmes occupent des emplois où le travail semble moins épanouissant », in Dares analyses n° 082, décembre 2010:

Sources : enquêtes emploi 2008 et 2009, Insee, moyenne annuelle des années 2008 et 2009, calculs Dares

C-Carrière
Le démarrage de carrière va ensuite avoir un impact sur l'évolution professionnelle. Commençons par la question de la formation continue. La formation continue concerne surtout les cadres et les professions intermédiaires, et plutôt le secteur public que le secteur privé. Néanmoins, on constate ici aussi que les hommes en bénéficient davantage que les femmes, toutes carrières confondues. Concrètement, il semble que plus une femme aura démarré haut (idéalement dans le service public) plus elle aura la chance de pouvoir évoluer (62% des femmes cadres de la Fonction Publique bénéficient de la formation continue contre 21% des femmes ouvrières dans le secteur privé).

Source : enquête Formation continue 2006, volet complémentaire de l’enquête Emploi 2006, traitement Céreq, Céreq-Insee.

A ce détail près que l'Observatoire des inégalités constate un plafond de verre dans le secteur public. Ainsi, si les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans la fonction publique (59% de femmes, armée incluse), on constate que le rapport s'inverse de façon très accentuée dès qu'il s'agit de postes de direction.

Concernant la question des femmes dirigeantes dans le secteur privé, les chiffres en France sont assez navrants, ainsi que le révèle une autre étude de l'Observatoire des Inégalités:

Une femme a plus de chance de diriger un petit commerce qu'une grande entreprise de l'industrie. (1 chance sur 5 contre 1/10 environ). Le terme chance est d'ailleurs ici inadapté car comme nous le verrons plus tard, la chance n'a rien à voir avec c'est résultat.

Dans le même esprit, constate que les femmes sont sous-représentées dans les conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse. L'adoption d'une loi le 13 janvier 2011 imposant des quotas de 40% de femmes d'ici à 2017 pourrait changer la donne, mais l'observation des chiffres de 2009 démontre qu'on est encore loin du compte.

On peut d'ailleurs ici faire une petite aparté pour préciser que les femmes concernées sont parfois les mêmes d'une entreprise à l'autre, et qu'il est plus facile de s'y hisser quand on est fille ou femme de ...

La discrimination homme femme peut donc parfois être diluée par la naissance ou le mariage, mais c'est un autre débat...

d-Recrutement
Le recrutement est l'un des éléments clés de la discrimination. L'Observatoire des Inégalités propose dans ce domaine également un tableau particulièrement éclairant sur cet état de fait:

Source : Discrimination à l’embauche : une étude d’audit par couples dans le secteur financier », Pascale Petit - Revue Economique, 2004.

A 25 ans, une femme subira de la discrimination pour accéder à des postes qualifiés (ce qui aura des conséquences sur son parcours professionnel). Sur le site Wikipedia, on ajoute qu'  « une femme de 32 ans mariée et ayant 3 enfants a 37 % de chances en moins d’être convoquée à un entretien d’embauche. Les candidatures de femmes avec enfants sont clairement repoussées sauf pour certains types d’emplois. »
De plus certains secteurs, à l'instar du BTP, de la sidérurgie, de l'automobile, de la logistique continue de faire preuve de machisme et de fermer certains postes aux femmes de façon non officielle puisque non autorisée...

e-Physique
Un autre facteur de discrimination existant dans le recrutement est lié au physique du candidat. Si cette discrimination concerne les deux sexes, il faut néanmoins relever quelques spécificités subies par les femmes.
Une étude du Telegraph révèle ainsi qu'en Australie, sur un échantillon de 13000 femmes, on s'aperçoit que les blondes, souvent perçues comme plus séduisantes ont un salaire supérieur de 7% à celui des autres femmes, sans que d'autres facteurs puissent interférer.
Une autre étude, menée par Adia indique que si les hommes sont plutôt jugés sur leur look et leur façon de parler, les femmes sont directement jugées sur leur physique (plus difficile à changer), et sanctionnées lorsqu'elles sont de fort gabarit, ce qui n'est pas le cas des hommes, ou du moins de façon moins prononcée.
Plusieurs études (par exemple celle de Dipboye, Arvey et Terpstra, 1977) démontrent que le physique intervient également dans la décision d'embauche.

f-Machisme et harcèlement sexuel
Le machisme joue lui-aussi un rôle dans le fait qu'un homme est souvent jugé plus apte qu'une femme à assumer des responsabilités et à diriger. Le modèle économique qui dirige actuellement nos sociétés impacte directement les modes de management. Christophe Dejours explique ainsi que pour être un manager reconnu par ses pairs (hommes ou femmes), il faut « en avoir »...Concrètement, il ne faut pas faire trop dans l'empathie et les sentiments, accepter les coups bas pour monter dans la hiérarchie, ne pas hésiter à licencier quand c'est nécessaire, pour répondre à ces clichés prisés dans certaines entreprises du cow-boy ou du tueur. Rien que dans ces termes, on comprend à qui ces postes s'adressent et les rares femmes qui y accèderont auront beaucoup à prouver, souvent d'ailleurs plus que les hommes, notamment qu'elles « en ont », elles aussi.
Le machisme génère également du harcèlement sexuel. Il s'agit d'abord de définir ce qu'est le harcèlement sexuel. En France, la définition est très restreinte et ne concerne que les agissements en vue d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers.
Penchons nous sur ce que les canadiens considèrent comme du harcèlement sexuel, nous verrons alors combien notre culture admet des formes de harcèlements sexuels qui ne seraient pas tolérées dans d'autres pays en s'appuyant sur le contenu du site canadien du Centre Victoria pour les femmes:

  • Le harcèlement sexuel verbal
Cette forme de harcèlement sexuel comprend les blagues sexistes, grossières ou dégradantes; les remarques sur l’apparence physique; les remarques sur la vie privée telle que : « est-ce que ton copain te satisfait sexuellement? »; l’usage de termes d’affection comme « ma poule, ma biche, cocotte, etc. »; l’utilisation de confidences insinuantes de la part du harceleur telles que « ma femme ne me satisfait plus! »; l’offre d’invitations répétées de toutes sortes; l’expression de propositions sexuelles explicites; l’emploi de promesses voilées ou carrément ouvertes, en échange de faveur sexuelle du genre « si tu voulais, tu pourrais recevoir une augmentation salariale », etc.

  • Le harcèlement sexuel non verbal
Cette forme de harcèlement sexuel comprend les sifflements, les regards à connotation sexuelle, l’affichage de matériel dégradant ou pornographique, les signes explicites à connotation sexuelle (par exemple, se pourlécher les lèvres en signe d’invitation sexuelle), la présence continuelle du harceleur, des notes à caractère sexuel ou sexiste, etc.

  • Le harcèlement sexuel physique
Cette forme de harcèlement comprend des frôlements intentionnels qui paraissent accidentels, des attouchements et des touchers physiques tels que donner des tapes sur le derrière, chatouiller, pincer, se faire embrasser, se faire coincer dans un coin, etc.

Une étude a été menée en France à la demande du Ministère du Travail et du service du droit des femmes entre 1985 et 1990. Il s'avérait que le harcèlement sexuel était plus fréquemment rencontré dans le secteur privé et les très petites entreprises. Le cas le plus classique est une femme victime de son supérieur hiérarchique. Le plus souvent, il s'agit simplement d'abus de pouvoir ou d'intimidation, parfois d'un glissement de simple avance à insistance lourde... Ce harcèlement se retrouve à tout niveau de la hiérarchie, et à tout moment de la carrière, parfois dès le recrutement, parfois comme instrument de brimades. Si nous avons parlé là des cas les plus fréquent, le harcèlement sexuel peut aussi concerner les hommes ou se retrouver dans les relations entre collègues.

g-Harcèlement moral et risques psychosociaux
L'un des auteurs clés du harcèlement moral est une femme. Il s'agit de Marie-France Hirigoyen, l'une des pionnières de ce sujet. Dès 1998, celle-ci se penchait sur la question et cherchait à répondre à une simple question: le harcèlement est-il sexué ?
Pour la plupart des études, la réponse est claire, c'est oui, avec 70% de femmes contre 30% d'hommes. Comme nous venons de le voir, les réflexions machistes ou à connotation sexuelle touchent plus souvent les femmes, et sont l'une des composante du harcèlement moral. Mais ce n'est pas la seule explication. On s'aperçoit dans un premier temps que ce chiffre a tendance à baisser dans les pays scandinaves ou en Allemagne, plus soucieux de l'égalité, et augmente dans les pays latins. La vision de la société concernant la place des femmes dans le monde du travail joue directement un rôle.
Enfin, il faut savoir que les personnalités qui harcèlent sont souvent assez lâches et se déchaînent lorsque le harcelé est en position de faiblesse, ce qui est souvent le cas pour les femmes seules, à plus forte raison quand elles ont des enfants à charge et que leur travail leur est indispensable : elles peuvent moins se permettre de claquer la porte.

h-Temps partiel et pauvreté
L'une des plus grandes disparités s'observe au niveau de la durée de travail. Lorsque l'on compare le pourcentage d'hommes ou de femmes à temps partiel, le constat est alarmant.
En 30 ans, les femmes sont passées de 17 à 30% de salariés à temps partiel, les hommes sur la même durée sont passés de 2,5 à 6%. Plus concrètement, il faut comprendre qu'aujourd'hui, 82% des personnes travaillant à temps partiel sont des femmes et que ce temps partiel est subi. Il s'agit plus souvent d'un sous-emploi subi qu'un choix de convenance. Au même titre que la fixation du salaire discrimine les femmes, leurs sous-emploi impacte directement leur pouvoir d'achat et leur autonomie.
Source: Observatoire des Inégalités

i-Retraites
Inutile de appesantir dans cette rubrique, il faut juste constater que les cotisations des femmes sont bien inférieures à celles des hommes: congé parental d'éducation, manque de formation et d'évolution de carrière, précarité et bas salaires interagissent pour ne proposer que de maigres pensions aux retraités qui, sans conjoint ou sans pension de réversion peuvent se retrouver en grande précarité. Trois quarts des personnes percevant le minimum vieillesse sont des femmes et le montant des retraites des femmes correspond à 42 à 48% de celui des hommes (825€ contre 1426 € en moyenne)...

2-Explications
a-Domination masculine
Ce concept est le titre d'un ouvrage du sociologue,ethnologue et philosophe Pierre Bourdieu. La domination masculine est un ensemble de mécanismes plus ou moins conscients, plus ou moins volontaires qui vont ancrer solidement dans l'esprit des hommes, mais également dans celui des femmes qu'hommes et femmes sont totalement différents et que cette différence fait de l'homme un être fort et de la femme un être faible (un peu dans l'esprit des « hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ») et cela depuis la nuit des temps (les hommes chassent, les femmes préparent les repas dans la caverne).
Cette domination est insidieuse, on la retrouve partout, y compris là où on ne l'attend pas... Il suffit de voir la place de la femme et l'image qu'on en donne dans la publicité, la morale notamment en lien avec la sexualité, plus permissive pour les hommes (le collectionneur de femmes est un séducteur, la collectionneuse d'hommes une garce) ou la répartition des tâches dans les couples. Une des formes de cette domination se retrouve dans l'habillement. Prenons un exemple que nos cultures comprend immédiatement, celui de la burqa. Il ne s'agit pas ici de définir si son port doit être ou non accepté, mais de rappeler que beaucoup considère que cette tenue constitue une sorte de prison qui limite et contrôle les mouvements de celles qui la portent. Ce sujet a d'ailleurs beaucoup ému la classe politique au nom de la liberté des femmes. Prenons alors d'autres exemples: que penser des talons hauts qui empêchent de courir ou marcher normalement, des jupes courtes qui interdisent certaines poses ou activités, les ongles manucurés qui interdisent certains gestes ? Ces autres prisons sont culturellement admises même si elles fonctionnent sur le principe même de la burqa. Et comme la burqa, ce sont souvent les femmes qui insistent quant à la liberté de les choisir. On retiendra en tous cas que plusieurs cultures prônent des vêtements/accessoires qui réduisent la mobilité des femmes, les affaiblissant.

b-Métiers, études, littérature et jeux sexués
La domination masculine commence tôt, il suffit, pour s'en convaincre, de feuilleter un catalogue de jouet: à la petite fille, on proposera poupons, dînette, robe de princesse, accessoires de ménage, aux garçons, les activités scientifiques, mécaniques ou sportives. Le conditionnement se poursuit dans l'illustration des métiers dans les ouvrages pour enfants: si le pompier, le médecin ou l'ingénieur sont des hommes, l'infirmière, la caissière, la serveuse ou la puéricultrice sont rarement représentées par leur homologues masculins. L'éducation va ensuite renforcer ou interdire des comportements sexués: on demande au garçon d'être courageux et de ne pas pleurer, on tolérera les coquetteries de la fillette.

c-Vie privée et vie professionnelle: imbrication
De nombreux ouvrages abordent la question de la conciliation travail des femmes et maternité. Pour ceux que le sujet intéresse, on peut s'intéresser à l'ouvrage d'Isabelle Fontaine "Oser Devenir Mère et Réussir sa Vie Professionnelle" - "Le guide pour toutes celles qui veulent concilier carrière et vie personnelle", sorti aux Editions Leducs en janvier 2012ou s'appuyer sur le travail d'une de mes anciennes enseignantes, Laurence Cocandeau-Bellanger, dans son ouvrage: "Femmes au travail, comment concilier vie professionnelle et vie familiale ?" . Il en ressort que la carrière des hommes et celle des femmes ne sont pas comparables. Les modèles qui servent à représenter la carrière des femmes en psychologie sociale sont beaucoup plus complexes car de nombreux paramètres sont à prendre en considération. En effet, contrairement aux hommes qui compartimentent hermétiquement vie professionnelle et vie de famille, les femmes imbriquent étroitement les deux en faisant varier l'importance qu'elles leur accordent selon les moments de sa vie et les modèles qu'elles se fixent. On s'aperçoit également, et ce n'est pas un scoop, que les tâches domestiques sont deux fois plus lourdes pour les femmes que pour les hommes. En charge également de l'élaboration des emplois du temps, des formalités d'inscription de la rentrée, des RV médicaux, des gardes d'enfants quand ils sont malades, des achats de vêtements, des fournitures scolaires, elles mènent parfois de front l'équivalent de deux journées de travail, ce qu'ont bien compris les employeurs. Tant que les mentalités ne changeront pas, les hommes ne se rendront pas plus disponibles pour leurs enfants, ce sont donc les femmes qui risquent d'être moins souples sur leurs horaires, moins tentées par des heures supplémentaires, des déplacements, des pics d'activités, plus souvent absentes, raison pour laquelle ils préfèrent parfois privilégier la carrière des hommes, jugés plus fiables.

d-Manque de volonté politique: ce que dit la loi française
L’égalité de traitement entre les hommes et les femmes dans le travail implique le respect de plusieurs principes par l’employeur :
  • interdictions des discriminations en matière d’embauche,
  • absence de différenciation en matière de rémunération et de déroulement de carrière,
  • obligations vis-à-vis des représentants du personnel (élaboration d’un rapport écrit et négociation),
  • information des salariés et candidats à l’embauche et mise en place de mesures de prévention du harcèlement sexuel dans l’entreprise. 
Des recours et sanctions civiles et pénales sont prévus en cas de non respect de l’égalité homme-femme. En outre, dans les conditions précisées par le décret n° 2011-822 du 7 juillet 2011 cité en référence, les entreprises d’au moins 50 salariés seront soumises à une pénalité à la charge de l’employeur lorsqu’elles ne seront pas couvertes par un accord ou un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle ; cette disposition entre en vigueur à compter du 1er janvier 2012 ou, pour les entreprises couvertes à la date du 10 novembre 2010 par un accord ou, à défaut, par un plan d’action destiné à assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à l’échéance de l’accord ou, à défaut d’accord, à l’échéance du plan d’action.
Alors que la loi française est claire, et que la première loi supprimant la notion de salaire dit « féminin » date de 1945, on constate que ces règles ne sont pas appliquées.
Une enquête, menée en région Centre relate que dans les entreprises de plus de 50 salariés, les obligations légales sont peu appliquées: les rapports exigés ne sont pas rédigés dans près d'un quart des entreprises et la loi n'est parfois même pas comprise.
De plus, au premier janvier 2010, l'INSEE dénombrait pas moins de 3 966 689 entreprises, pour 2190 agents de contrôles en 2009 (dont 767 inspecteurs et 1423 contrôleurs) d'après le Ministère du travail. 1 agent pour 1800 entreprises, c'est dire la pression qui pèse sur les entreprises quand on connaît le nombre de missions qui sont confiées à ces agents... Les entreprises n'ont vraiment pas de souci à se faire.
Enfin, la pratique est souvent plus complexe que la théorie. Comme nous l'avons vu précédemment, les métiers occupés par les hommes et les femmes sont souvent différents. Dans ce cas de figure, comment démontrer qu'il y a discrimination, la comparaison est compliquée.


3-Des exemples qui marchent
a-Québec
Au Québec, une loi pour l'équité salariale a été adoptée, celle-ci a décidé de mettre à plat l'ensemble des métiers et notamment de comparer des professions davantage occupées par des hommes, avec des professions privilégiées par des femmes en terme de responsabilités, d'efforts, de qualification ou de condition de travail. Par exemple, il peut être évaluer au sein d'un hôtel, qu'un portier et une femme de chambre ont une charge de travail similaire: leurs salaires doivent alors être alignés. La loi était également moins indulgente: En mai 2009, une modification de la loi leur a donc imposé non seulement de le faire au plus tard au 31 décembre 2010 - sous peine d'amendes et de versement d'indemnités aux salariés concernés -, mais également de payer rétroactivement à leurs salariés les ajustements d'équité salariale dus depuis 2001. Certes, ce fonctionnement semble complexe. Il en résulte néanmoins que les écarts de salaire sont passés de 16 à 13%.

b-la Norvège
En Norvège, en 2004, une loi a été adoptée, qui prévoit la dissolution des sociétés qui ne parviendraient pas à atteindre l’objectif fixé de 40% de femmes dans les conseils d’administration, avant le 1er janvier 2008. Cela semble inconcevable en France, mais la Norvège sert souvent de référence sur la question de l'égalité homme/femme est fut souvent un précurseur dans ce domaine.

c-Jurisprudence: un espoir en France
Dans son blog, Elsa Fayner relate un cas dont on a peu parlé mais qui peut redonner un peu d'espoir. Une DRH a porté plainte contre son employeur pour discrimination salariale en comparant son salaire à celui des autres directeurs de son entreprise. En juillet 2010, la chambre sociale de la cour de cassation a donné raison à la DRH, considérant que les postes étaient d'égales responsabilité et que le principe d'égalité se devait d'être appliquée. Une telle décision pourra très probablement, on l'espère, faire jurisprudence.

Anne Quélennec
Psychologue du travail

Sources:

  • Ouvrages:
Souffrance en France, Christophe Dejours
Le harcèlement moral dans la vie professionnelle, Marie-France Hirigoyen

  • Sites Internet:

02 février 2012

Lire: facebook et les recruteurs, article de Philip Landau pour The Guardian

What if Facebook Timeline was read instead of your CV?
Unless you want future employers to know your entire history, you need to change your privacy settings, and fast
Philip Landau
guardian.co.uk, Monday 30 January 2012 11.28 GMT

What does your profile page say about you? Photograph: Linda Nylind


It's all change at Facebook in the next few weeks as its timeline feature is rolled out to all users – whether they want it or not.

This will make it easier for people to dig into your past from your homepage in an unprecedented manner. Pull up someone's profile with Timeline enabled and you can scroll back through their entire Facebook history. Click on a year (say, 2008) and you can see everything they did in those 12 months, including status updates, photos, and wall posts.

After Timeline is enabled (you can request it before it is automatically rolled out), you have seven days to review and edit your profile before it goes live to the world – but this is a positive security step you need to take. The default position is that Timeline will lay bare your Facebook history.

Does this matter from an employment point of view? Well, yes it does. Numerous surveys have shown that employers are using Facebook and other social media sites to vet job applicants. In January 2010, a survey for Careerbuilder.co.uk found that more than half of employers usedsocial networking sites to research job candidates. As the sites have become more popular, the chances are that percentage could have grown.

Imagine your prospective employer uncovers elements of your past through a social media search that show you in a less colourful light than you would wish to be seen. There may be photos of you in a drunken stupor, or ones that identify you as being affiliated to an organisation that does not fit with the employer's ethos

It is your prospective employer's subjective opinion that you are dealing with. If they happen to interpret information or photos you have posted in a certain way, and reject your application, how will you ever know what the decision was really based on?

One could argue that such vetting is entirely justified from an employer's point of view. Many background checks are already in place before the hiring process begins. Shouldn't employers do as much as they can to protect their legitimate business interests?

On the other hand, such an approach arguably represents an unfair intrusion into people's private lives. Indeed, in the last few years theGerman government has moved to make it illegal for employers to use personal social networks such as Facebook as part of their recruitment process. Job-seekers in Germany have the right to take legal action if they discover they have lost out on a position due to the employer basing their decision on information from Facebook.

Whilst in the UK you do have rights under the Data Protection Act to protect the processing of your personal information, it is unlikely that an employer viewing a personal social media site without printing it off or forwarding it would be caught by the Act. With Linkedin, which is a professional networking site, it can easily be argued that your profile is highly relevant to the recruitment process.

Employers have to be careful not to discriminate (on grounds of disability, race, sex) in the use of information they gather. They will be laying themselves open to claims if discrimination can be proven and this applies to prospective candidates as well as existing employees. ACAS recently issued a new guide that urges employers not to be "heavy-handed" by penalising existing staff for unprofessional comments on websites.

Let's not forget that your Facebook profile could show you up in a more positive light and sway your employer to offer you a job. A candidate who comes across as shy and retiring at interview but is able to present their "real self" online could find this acts as an extended CV, especially if their blogs are well-written and show positive interests – whether the employer agrees with them or not.

But if you don't want Facebook's Timeline to broadcast your personal history to the world (whether you are a job applicant or an existing employee), make sure you get your privacy settings right. You can hardly blame employers from taking a snoop otherwise.

29 septembre 2011

Cabinet Quélennec: simulations d'entretien de recrutement

Passer un entretien d'embauche n'est jamais facile. D'abord, parce qu'on n'a qu'une seule chance et qu'il est très rare que le recruteur vous dise vraiment pourquoi ça n'a pas marché. De plus, les méthodes employées sont très variables d'une entreprise à l'autre: entretien devant plusieurs personnes, entretiens collectifs, tests de personnalité, tests de QI, mises en situation, questions déstabilisantes...

A titre personnel, on peut également être mal à l'aise, par timidité, par manque d'habitude ou parce qu'il y a des questions qu'on redoute...

Ayant une dizaine d'années d'expérience en tant que recruteur, je vous propose de vous préparer à cette étape importante du processus de recrutement, l'idéal étant de simuler un entretien puis de le debrieffer, mais on peut également le faire en discutant de vos appréhensions, de vos bloquages, de ces questions auxquelles vous ne savez pas répondre. Le but visé n'est pas d'apprendre un discours bien rôdé mais de comprendre les mécanismes d'un entretien d'embauche, de savoir quelles sont les erreurs rédhibitoires, les petits plus qui vous distingueront des autres candidats afin d'aborder sereinement l'entretien le jour J, capable de vous adapter aux différents cas de figure auxquels vous serez confrontés.

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