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09 février 2013

Quand les entretiens d'embauche virent au délire


Marianne publie ce mois-ci un article très intéressant et réaliste sur les dérives actuelles que connait le recrutement en France. Standardidation à tout prix, tentatives désespérées de rationalisation, recherche éperdue du cv copié/collé de la fiche de poste font s'interroger sur la plus value du recruteur qui n'est plus capable de prendre le moindre risque, quand ce n'est pas plus simplement sa hiérarchie qui lui interdit toute possibilité d'initiative... C'est d'ailleurs cette frilosité des spécialistes du recrutement qui contribue fortement à la discrimination des profils qui "dérangent" : jeunes diplômés, senior, femme, personnes qui se réorientent ou ont un trou dans le CV, personnes qui n'ont pas le bon diplôme ou au chômage...

Retrouvez l'article sur le site de Marianne

Recrutement, ton univers impitoya-a-ble ! Pour décrocher un emploi, un solide CV ne suffit plus. Il faut désormais en passer par des face-à-face sadiques ou farfelus avec des employeurs ou des chasseurs de têtes très imaginatifs.


JAUBERT/SIPA
JAUBERT/SIPA
Georges sent ses mains devenir moites, son regard de bête traquée vacille. Seul, face à un jury de quatre personnes qui le bombardent, il est sommé de faire son autocritique. On se croirait dans un tribunal soviétique ; ce n'est pourtant qu'un entretien d'embauche. «Vous êtes stressé, Georges ? Vous êtes impressionné d'être là ?» «Vous mettez toujours du temps à comprendre les choses ?» «Par quoi compensez-vous cette lenteur ?» «Où sont vos insuffisances, Georges ?» Une heure et demie d'humiliations pour espérer décrocher un poste de commercial au GAN payé au Smic : voilà ce que filme Didier Cros dans son documentaire intitulé la Gueule de l'emploi. 

Pour le sociologue Vincent de Gaulejac (1), aucun doute, la «lutte des places» s'est désormais substituée à la lutte des classes, et ce n'est pas spécialement une bonne nouvelle : «Il y a un tel décalage entre le nombre d'emplois disponibles et le nombre de personnes actives en âge de les occuper que cela provoque forcément de la violence...» D'un côté, des candidats dans la galère, prêts à tout pour décrocher un job souvent vital : «On est là pour se taper dessus, pas de pitié !» affirme l'un d'eux - recalé dès le premier tour. De l'autre côté de la table, des employeurs convaincus d'être dans leur bon droit : c'est qu'il faut bien faire le tri ! Quitte à confier le recrutement à un cabinet de chasseurs de têtes aux méthodes un brin sadiques. 

Le sociologue appelle cela la «violence innocente» : personne n'est malintentionné, et pourtant le résultat est digne de l'expérience de Milgram (2). Enjeu stratégique par excellence, le recrutement cristallise aujourd'hui toutes les tensions qui minent le marché du travail. Les CV charriés par la crise s'entassent par centaines sur les bureaux des chefs d'entreprise. Dépassés, certains préfèrent déléguer la sélection des profils à des tiers, sur qui ils pourront opportunément rejeter la faute en cas d'erreur de casting. Car le processus d'embauche est long, coûteux et risqué : «Si on se rend compte que ça ne colle pas à l'issue de la période d'essai, il faut tout recommencer depuis le début... C'est une perte de temps et d'argent considérable. 

« Si on s'en rend compte après la période d'essai, c'est encore pire évidemment !» explique le patron d'une entreprise de nouvelles technologies. «Recruter quelqu'un de sain, c'est ce qu'il y a de plus difficile !» affirme carrément Jean-Claude Delgènes, directeur de Technologia, un cabinet de prévention des risques liés au travail. A en croire les employeurs, les 10 millions de Français au chômage seraient majoritairement des boulets, et les bons profils, une denrée rare ! Du coup, tous les moyens sont bons pour se rassurer en tentant de faire du recrutement une science exacte, objectivée par des tests, validée par de savants schémas. 

«La sélection est devenue un enjeu sensible, les organisations ont inventé des dispositifs pour rationaliser, objectiver les choses, confirme Vincent de Gaulejac. Entre les chasseurs de tête et les officines de sélection, le recrutement est aujourd'hui un véritable marché.» Et tant pis si les méthodes de rationalisation sont parfois limites. Et si les entretiens flirtent souvent avec, au mieux, l'impolitesse, au pis, l'illégalité. «Après trois entretiens réussis chez Total, la responsable des RH a fini par m'avouer qu'en réalité le poste avait déjà été pourvu en interne, se souvient Patricia, 32 ans. Ils ne m'avaient fait venir que pour donner l'apparence d'un recrutement à plusieurs candidats, mais les jeux étaient faits depuis le début. J'ai trouvé ça gonflé.» Plus personne n'est gêné de faire déplacer quelqu'un deux, trois, dix fois... 

Même pour un stage à 400 euros ou un CDD. «J'ai eu quatre entretiens pour un CDD de quatre mois, rapporte Marine, chargée de communication dans le domaine de la santé. Au final, on m'a expliqué que j'étais trop qualifiée pour le poste.» Pour sa part, Célia, 27 ans, diplômée d'une école de commerce, conserve un assez mauvais souvenir de ses entretiens dans un syndicat agricole : «Personne ne m'avait prévenue que les entretiens allaient durer toute la journée. J'étais en poste, et j'ai dû me faire porter pâle auprès de mon boulot... Deuxième surprise : c'était un entretien collectif. Les employeurs font ça pour gagner du temps, mais ils font semblant d'oublier que ça verrouille complètement les prétentions individuelles. On ne négocie pas son salaire quand on est six dans une pièce.»

Plutôt que de multiplier les tests et les mises en situation, certaines entreprises choisissent de déléguer la responsabilité du recrutement... à leurs salariés ! «Personnellement, je suis très favorable à la cooptation, affirme Jean-Claude Delgènes. Si vous avez un bon élément dans votre équipe, vous avez une excellente chance qu'il vous amène un autre bon élément, ça permet de limiter les risques.» Signe des temps, la «cooptation» - traduire : le piston - est aujourd'hui acceptée et revendiquée par tous. Chez Google, elle est même encouragée par une prime : 4 000 e sont versés à tout employé ayant recommandé un candidat recruté à son tour. Le sport maison consiste donc à entraîner son poulain pour qu'il ne se laisse pas déstabiliser par les questions tordues qui ont fait la réputation de l'entreprise : combien de balles de golf un camion peut-il contenir ? 

Combien de fois par jour les aiguilles d'une horloge se chevauchent-elles ? «Le but, c'est d'évaluer les capacités de raisonnement de la personne, explique Sarah, employée chez Google. A moi, on m'avait demandé combien de poils possède un teckel ! J'avais estimé que le teckel était un cylindre d'une surface de 50 cm2, qu'il avait 400 poils par centimètre carré de peau, et puis j'avais rajouté 30 % pour la tête, les pattes, la queue...» Bonne nouvelle, les postulants peuvent désormais se faire la main en potassant le livre Etes-vous assez intelligent pour travailler chez Google ? (3), qui délivre trucs et astuces pour répondre avec panache à des questions absurdes. Mais, pour être embauché dans l'entreprise préférée des jeunes diplômés, être malin ne suffit pas : le candidat doit aussi faire l'unanimité chez ses futurs collègues. Même une personne située au-dessous de lui hiérarchiquement peut opposer son veto et faire dégager le prétendant. Mieux vaut donc être compatible avec l'«esprit Google» pour espérer faire partie de la famille. 

«Dans un monde où ce ne sont plus les compétences qui priment, mais les qualités humaines, relationnelles, on sélectionne sur ce que vous êtes, et sur votre degré d'acceptation des normes du système», note Vincent de Gaulejac. Autrement dit, en 2013, l'employé modèle doit être adaptable, mobile, beau (mais pas trop non plus, sous peine d'être soupçonné d'incompétence), avoir la poignée de main ferme et la démarche assurée, être dépourvu d'accent et de bedaine... et avoir le travail pour seul horizon. 

«Les boîtes essaient de trouver des "pattern 1", c'est-à-dire des gens surinvestis, qui adorent le travail, explique Jean-Claude Delgènes. Il existe des tests psychologiques qui permettent de les détecter.» Internet regorge de tests qui proposent de sonder l'âme des recrues potentielles, de démasquer les tire-au-flanc et peut-être de mettre la main sur le Graal : les «pattern 1», les maboules du boulot, ceux qui resteront jusqu'à 23 heures sans même quémander un sandwich. Résultat, le «marché» du recrutement est surtout un immense jeu de dupes. Les candidats à l'embauche deviennent des bêtes à concours, s'entraînent à déjouer les pièges et gonflent leur CV, parfois avec l'aide d'un coach ; et les recruteurs vont de plus en plus loin dans leurs techniques d'investigation. Quitte à fouiller dans la vie privée des postulants.
« Le traditionnel «Madame ou mademoiselle ?», par exemple, est avantageusement remplacé par un petit tour sur Facebook, comme le raconte Laure : «Au neuvième entretien chez Microsoft, on me dit que c'est bon, j'envoie mes photocopies de carte d'identité, de carte Vitale. On m'informe d'un dernier entretien avec le directeur marketing et commercial France qui ne sera qu'une "pure formalité". Le fameux directeur me dit "Tiens, je vais aller sur votre profil Facebook !" En voyant ma photo en robe de mariée, il me lance : "Ah, vous êtes mariée." Je réponds : "Oui, mais je n'ai pas l'intention d'avoir d'enfant dans les deux prochaines années, si c'est cela qui vous inquiète." Sur ce, le ton de l'entretien change du tout au tout pour devenir très froid. Quelques jours plus tard, la responsable des RH me rappelle pour m'annoncer que ma candidature n'avait pas été retenue parce que je n'étais "pas assez adaptable".»

Quand l'enquête façon inspecteur Derrick ne donne rien, reste la magie. Jean-François Amadieu, auteur de DRH, le livre noir (4), dresse le bilan des techniques les plus foutraques utilisées par les recruteurs, de la morphopsychologie (évaluation de la personnalité en fonction des traits du visage) à la «méthode intuitive», appellation sophistiquée d'une pratique connue sous le nom de «voyance». Catherine Bidan, coach sortie d'HEC, explique sans rire que «l'intuition est le plus élevé des sept niveaux d'intelligence» : «Je reçois des images, des mots, des scénarios qui répondent à ce qui se pose des sensations. Je peux ressentir la peine d'une personne. Je peux malheureusement voir le scénario d'un fait divers avant que la télévision n'en annonce son déroulement.» 

Entre autres clients, le ministère de l'Economie et des Finances, Chanel ou PSA ont déjà fait confiance à Catherine Bidan et à ses dons. Jean-François Amadieu révèle aussi que «la France a le rare privilège d'être le pays au monde où se pratique le plus la graphologie». Scientifiquement, c'est prouvé, l'analyse de la personnalité par l'écriture ne vaut pas un clou. Mais peu importe : en 2007, la graphologie était pratiquée par 70 % des cabinets de recrutement. «Dans mon entreprise, on fait régulièrement appel à une graphologue pour départager des candidats qui nous intéressent, raconte Marie, qui travaille dans un cabinet de conseil. Mais, finalement, on utilise assez peu ses conseils, parce qu'on s'est aperçus que ses analyses sont toujours dithyrambiques !»

Dans le même registre, l'astrologie fait un malheur chez bon nombre d'employeurs. «J'ai été recrutée en stage dans un grand quotidien national parce que j'étais Capricorne ! raconte une journaliste. Le directeur avait reçu tellement de CV qu'il avait décidé de ne prendre que des Capricorne.» Un classique : Raymond Domenech n'a jamais caché que l'astrologie avait joué un rôle fondamental dans la sélection des joueurs de ses équipes de football. De son côté, le maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini affirme se méfier des Poissons, et soutient que «les Verseaux manquent souvent de détermination».

A quand le recrutement par télépathie ? La lecture du CV dans les entrailles d'un poulet ou dans la forme des nuages ? Le sacrifice de jeunes vierges pour s'assurer d'embaucher le bon candidat ? Les charlatans qui pullulent dans les cabinets de recrutement ont encore de beaux jours devant eux. Dommage pour les responsables des ressources humaines qui essaient de faire leur boulot honnêtement. Dommage, surtout, pour les candidats qui espéraient faire valoir une qualité désormais désuète : la compétence.  


(1) Auteur de Travail, les raisons de la colère, Seuil, coll. «Economie humaine», 2011.

(2) Une expérience menée en psychologie dans les années 60, et visant à étudier la soumission à l'autorité : sur ordre, les participants devaient envoyer des chocs électriques à d'autres. A l'arrivée, une séance de torture.

(3) William Poundstone, JC Lattès, 2013, 378 p., 20 €.

(4) Seuil, 2013, 236 p., 19,90 €.

Pour aller plus loin:
- La Gueule de l'emploi de Didier Cros
- Discrimination et recrutement


SOS JOB DATING

Pour recruter leurs ingénieurs, les entreprises d'informatique déclenchent de vastes opérations de séduction : dès lors, on ne parle plus d'«entretiens», mais de «job dating». «Les boîtes de SSII organisent des rencontres dans des bars, note Fabrice Mazoir, responsable éditorial des sites Régions Job. Le but, c'est de rendre le recrutement sexy, voire d'en convaincre certains de quitter leur job. Le mauvais exemple, c'est cette agence de pub qui avait organisé le recrutement de ses stagiaires via un tournoi de poker, ce qui est illégal. Mais il y a d'autres innovations. Par exemple, la société Akka Technologies invite chaque année des jeunes diplômés au ski pendant trois jours.» Et pendant ce temps, l'immense majorité des diplômés et des chômeurs lutte pour obtenir le plus petit CDD...

14 juin 2012

Infrarouge XXL: la nuit documentaire

Plusieurs documentaires passionnants vont être rediffusés sur France 2 le mardi 19 juin à partir de 22.55.

Parmi les documentaires, on trouvera certains d'entre eux dont il a déjà été question dans ce blog:

22h55: La Gueule de l'Emploi de Didier Cros
Un film sur "la comédie de la cruauté du travail", portant sur les méthodes employées par l'assureur GAN pour recruter sa "force de vente".

0h30: Les Travailleu(r)ses du sexe de Jean-Michel Carré
D’un côté, l’économie de marché a généré la multiplication des salons de l’érotisme et de sociétés d’éditions de vidéos pornographiques, au nom de la prétendue liberté du consommateur. D’un autre côté, alors la prostitution est restée plus ou moins tolérée dans la plupart des pays, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, fait voter en France, en mars 2003, une loi dite de "sécurité intérieure" incluant le racolage passif des prostituées. Si la prostitution devient très vite moins visible dans nos rues, la prostitution augmente considérablement sur les réseaux internet et aux périphéries des villes, rendant à nouveau des prostituées à la merci des proxénètes et des réseaux mafieux. Qualifiée de plus vieux métier du monde, la prostitution reste un "obscur objet de haine et de désir". Quelque soit le système politique, pourquoi reste-elle l’activité la plus stigmatisée dans nos sociétés, même lorsqu’elle est libre et consentie ? Aujourd’hui, des femmes et des hommes revendiquent le droit de pouvoir louer librement leur corps ou de vendre des services sexuels alors même que l’économie de marché utilise une pseudo libération sexuelle pour justifier la légalisation de la marchandisation de l’intime. Paroles et pratiques dérangeantes, stigmatisées par des jugements moralisateurs, sont la matière même de ce film. Elles nous questionnent sur les rapports hommes - femmes, la sexualité et son contrôle par le pouvoir.

1h50: Troufions de Thierry Demaizière et Alban Teurlai
Cinq soldats qui ont participé à la guerre d’Algérie comme appelés témoignent pour la première fois sur ce qu’ils ont vécu . A l’époque de cette guerre, ces cinq hommes étaient de jeunes hommes qui étaient simples troufions dans l’armée française .

2h45: Une peine infinie, Histoire d'un condamné à mort, de David André 
Une nuit de février 1999, Sean Sellers est exécuté par injection au pénitencier de Mc Alester, dans l’Oklahoma. Il avait été condamné à mort treize ans plus tôt pour un triple meurtre — il a tué sa mère, son beau-père, et un gérant de supermarché. La sentence est terrible : il n’a que 16 ans à l’époque des faits, mais il est jugé comme un adulte. 

4h05: La mise à mort du travail de Jean-Robert Viallet 
Dans un monde où l’économie n’est plus au service de l’homme mais l’homme au service de l’économie, les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu’au bout de leurs limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n’ont atteint un tel niveau. Les histoires d’hommes et de femmes que nous rencontrons chez les psychologues ou les médecins du travail, à l’Inspection du Travail ou au conseil de prud’hommes nous révèlent combien il est urgent de repenser l’organisation du travail.

28 mars 2012

Sortie du DVD La gueule de l'emploi de Didier Cros

Nous avons été nombreux, en septembre dernier, à nous émouvoir en regardant l'effarant documentaire de Didier Cros, La Gueule de l'emploi.
Extrêmement éclairant sur l'approche déshumanisée qu'ont certains recruteurs de leur métier, ce documentaire va à nouveau pouvoir être visionné, à la télévision d'abord (Planète, le 04/04 à 20h, le 06/04 à 13h35, le 12/04 à 13h30, le 13/04 à 21h35), mais aussi, pour ceux qui n'ont pas cette chaîne, en DVD dès le 04/04/2012.

Pré-commander le DVD: cliquez ici


29 septembre 2011

A voir: La gueule de l'emploi de Didier Cros

Un documentaire à mettre en parallèle avec le film El Methodo de Marcelo Pineyro, si ce n'est qu'il s'agit là de la réalité d'un recrutement, et qui plus est l'un des exercices les plus complexes en la matière, l'entretien de groupe !

Synopsis : Dix candidats, des commerciaux en quête d'emploi, sont convoqués pour une session de recrutement collectif. Ils ont deux jours pour se distinguer les uns des autres et espérer décrocher un poste. Les candidats sont soumis à une avalanche de questions qui, pour beaucoup, n'ont rien à voir avec le travail auquel ils aspirent. Ils sont contraints à des tests souvent infantilisants, voire humiliants. L'entretien d'embauche n'a rien d'une sinécure et ressemble plus à une entreprise de déstabilisation qu'à une évaluation réelle des compétences. Tout est mis en oeuvre pour pousser les candidats à l'affrontement, comme dans un jeu télévisé qui consiste à éliminer le soi-disant plus faible de l'équipe. Une épreuve dont on ne sort pas indemne.

Ce documentaire sera diffusé le jeudi 6 octobre 2011 à 23h10 sur France 2, mais vous pourrez le voir en avant-première dès le 2 octobre sur le site www.telerama.fr .

Pour le revoir (attention, pendant 7 jours seulement à compter du 07 octobre 2011)

Le Cabinet Quélennec vous propose des simulations d'entretiens (individuels ou collectifs) pour se préparer à cet exercice complexe et déstabilisant.

Ajout à l'article initial:
J'ai regardé hier le documentaire, et me suis demandé pourquoi l'entreprise avait accepté de filmer ce processus de recrutement, car en terme d'image, c'est déplorable: confondant recrutement et humiliation/bizutage, ils infligent un à deux jours de brimades, mises sous pression à des candidats qu'ils considèrent suffisamment désespérés pour ne pas être tentés de partir dans un dernier sursaut de dignité.
Le processus de recrutement est un peu particulier. Les mises en situation sont assez classiques , même si on leur demande d'abord de vendre leur voisin, expression un peu malheureuse, surtout quand elle est proposée par un ancien trader reconverti en chasseur de tête, puis on les casse, de façon systématique pour voir s'ils pourront "être formatés" (sic). Tout candidat faisant preuve d'intégrité, de dignité ou d'affirmation est systématiquement écarté. Ces vertus seraient-elles devenues de vilains défauts ?
Vérifier qu'un candidat résiste à la pression et ne se laisse pas déstabiliser est normal, notamment pour les profils commerciaux, mais l'humiliation et les clichés (parfois discriminatoires ou trop intrusifs) que doivent subir les candidats ne correspondent pas à la réalité du terrain. Les acheteurs sont souvent plus durs à la négociation mais plus polis que les membres du jury de ce documentaire.
Certains seront peut-être tentés de penser que ce sont des méthodes punchy, modernes et efficaces: par expérience, j'estime que faire appel à un cabinet de recrutement (probablement coûteux) et  passer deux jours avec 10 candidats pour faire un seul recrutement et une "erreur" de recrutement (période d'essai interrompue), ça ne me semble pas être un résultat très brillant rapport qualité/prix...
Je ne m'attarderai pas sur le salaire proposé, véritable insulte vu leur niveau d'exigence, et qui ne leur fait vraiment pas de publicité.
Il semblerait que ce ne soit pas le premier essai de cette société, qui a cherché à surfer sur le succès de la téléréalité en l'appliquant au recrutement (cf article du Figaro, datant de 2008). Drôle de méthode, à moins que leur turn-over, qu'ils ont refusé d'indiquer devant les caméras soit tel que ce soit eux qui soient vraiment désespérés...
Dans un entretien accordé à Action Commerciale N°280 - 01/12/2007, le recruteur qui pilote les mises en situation faisait la remarque suivante: «Le candidat se fait une idée de l'état d'esprit de la société grâce aux avantages offerts.». Ne croit-il pas que le candidat se fait surtout une idée de l'état d'esprit de la société grâce à l'accueil qu'on lui réserve lors de son processus d'embauche ?