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04 septembre 2013

Comment lutter contre le stress de la rentrée ?

Interview de Régis Hervé pour la matinale de France Bleu Breizh Izel
 
 
 
 
Les invités du 6/9 du lundi 2 septembre 2013, en direct :

7h20 : Anne Quélennec, psychologue du travail à Quimper
" Comment lutter contre le stress de la rentrée ? " 
Écouter l'entretien

8h10 : Marc Hébert, responsable Force Ouvrière dans le Finistère
" Rentrée sociale, agitée ou pas ? "
 

11 mai 2013

Qu'est-ce que le burn-out ?

Comment apparait-il ? Comment se manifeste-t-il ? Comment le combattre ?
Retrouvez l'article que j'ai rédigé pour la plateforme Pros-Consulte: lien


03 mars 2013

Le burn-out, témoignage et entretien avec Aurélie Defois



Burn-out: quand le corps du stop! ©Phovoir
« Depuis 5 ans, je travaillais entre 60 et 70 heures par semaine. Et puis un jour, mon cerveau a fait un énorme bug ». Diagnostic: burn-out ! C’était il y a près de 4 ans. Aujourd’hui Stéphanie (prénom modifié), 39 ans, s’en est sortie. Elle parle librement de son histoire. Celle d’une jeune femme hyperactive, au point qu’elle en est devenue « un légume ». Témoignage.
Il y a encore 4 ans, Stéphanie était responsable commerciale dans une PME. Quatre vendeurs à diriger, des objectifs toujours plus ambitieux, « une pression intense de la hiérarchie »… Elle travaillait plus de 12 heures chaque jour, dormait 5 heures en moyenne par nuit. « A l’époque, je me voyais juste comme quelqu’un qui bossait  beaucoup et qui en faisait toujours plus que ce qu’on lui demandait. J’avais de grandes capacités de travail avec, c’est vrai, cette impression d’être plus forte que les autres. A tel point que je n’écoutais pas les mises en garde de mon entourage ». En parallèle, sa vie personnelle traverse également une tempête. « Je me suis retrouvée seule, avec deux enfants en bas âge ».
Son burn-out, Stéphanie ne l’a pas vu venir… malgré les alertes. « En quelques semaines, j’ai eu deux problèmes cardiaques. Je me suis écroulée, transportée aux Urgences. Dans les deux cas, j’ai eu une semaine d’arrêt. J’étais certes un peu fatiguée mais pas plus ou pas moins que d’habitude ». Une « habitude » qu’elle a payée un matin de mai, quand sa vie a basculé.
Clouée ! « J’ai des souvenirs assez imprécis de ce jour-là », nous confie Stéphanie. « Je me souviens qu’il m’était impossible de bouger mes bras. En fait, je ne pouvais plus bouger du tout. J’étais clouée sur place. J’éprouvais aussi des difficultés à parler. Le médecin est venu. Il m’a dit ‘Stop. Vous faites un burn-out ».
Son agonie va durer 6 mois. Six mois qu’elle a passés au fond de son lit, avec un quotidien rythmé notamment par la prise d’anti-dépresseurs et d’anxiolytiques. Six mois avant d’être capable « de re-formuler une phrase complète, sujet, verbe, complément ». Six mois avant de pouvoir soutenir une conversation de 3 à 4 minutes. « Je n’avais plus de mémoire immédiate. Mon cerveau s’était mis à fonctionner à deux à l’heure (sic) alors qu’il était habitué à faire 4 choses en même temps. J’ai été fortement ralentie pendant un an, comme hyper-épuisée. La moindre tâche du quotidien me demandait un effort insurmontable ».
Au cours de cette période, Stéphanie vit difficilement le regard des autres. Au point de culpabiliser. « On me disait : « il faut te secouer. Alors que les médecins me recommandaient surtout d’écouter mon corps. Je l’avais justement secoué trop fort, trop longtemps. Pour mes enfants, la maman hyperactive que j’étais s’était transformée en légume ».
3 ans ! « Les médecins m’avaient dit que je mettrais 3 ans à récupérer. Sur le coup, j’ai hurlé. Avec le recul, je dois bien reconnaître qu’ils ne se sont pas trompés ». Un repos forcé, une thérapie, du temps, de la patience… Stéphanie va lentement remonter la pente. Au point de dire : « aujourd’hui, je m’en suis sortie ».
Licenciée il y a deux ans et demi alors qu’elle était en arrêt de travail, elle se « remet progressivement dans la peau de quelqu’un qui va devoir retravailler. Je me donne 6 mois à un an ». Ces quelques mots glissés, l’air de rien, montrent qu’elle est cette fois-ci décidée à prendre son temps. Et à hiérarchiser ses priorités. Loin de la « Stéphanie d’avant » qui faisait tout en même temps. « De tout cela » conclut-elle, « j’ai surtout appris que chacun dispose d’un capital d’énergie disponible. Et nous ne pouvons pas aller au-delà… ».
Ecrit par David Picot – Edité par Marc Gombeaud
Source : Destination santéInterview de Stéphanie, février 2013


Le burn-out, «comme une bougie qui se consume…»



Illustration de l'article : Le burn-out, «comme une bougie qui se consume…»

Quels sont les professionnels les plus exposés au risque de burn-out ? Quels signes doivent alerter ? Après le témoignage de Stéphanie hier, Aurélie Defois, psychologue spécialisée dans l’accompagnement de la souffrance au travail insiste sur l’importance de la prévention.
Tous les métiers ? Médecins, infirmiers, travailleurs sociaux… « Le secteur médico-social a longtemps été en première ligne », nous explique-t-elle. « Il s’agit de professionnels qui prennent en pleine face les problèmes voire l’agressivité des autres. » Depuis quelque temps, elle observe toutefois que le profil des victimes sort de plus en plus de ce secteur d’activité. « Aujourd’hui cela tend à s’élargir à tous les secteurs d’activité, notamment chez les cadres et les managers du fait de la pression. Dans tous les cas, il s’agit le plus souvent de personnes très impliquées dans leur travail, guidées par des valeurs fortes et qui éprouvent le besoin de se sentir utiles. A un moment donné, elles subissent un grand décalage entre leurs attentes et la réalisation de ces dernières sur le terrain. Et elles en viennent à perdre leur estime d’elles-mêmes. »
Quels signes ? Aurélie Defois explique que « les victimes nous racontent souvent qu’elles n’ont rien vu venir. » Il n’empêche que certains comportements doivent vraiment alerter. « Sur le plan émotionnel, on éprouve un sentiment d’impuissance, on est gagné par le pessimisme alors que ce n’est pas du tout dans sa nature… Les victimes de burn-out se placent en retrait des autres : les membres de la famille, les amis, les collègues. Au travail, progressivement elles s’isolent et modifient leurs comportements.  Elles souffrent aussi de troubles de la concentration, et de la mémoire. La qualité du travail s’en trouve altérée. Ces personnes perdent leurs capacités de discernement et d’action rapide, alors même qu’elles faisaient leur force jusque-là. » Elle ajoute enfin certains signes physiques : « troubles du sommeil, fatigue, maux de tête à répétition, problèmes de dos, difficultés à se lever le matin, perte de la motivation… »
En parler. En conclusion lorsque l’on se sent épuisé au travail, « il ne faut surtout pas rester seul. Il faut en parler, à son entourage, à son médecin ou à sa hiérarchie même si peu de managers sont formés à ce type d’écoute. Ne pas hésiter non plus à consulter un psychologue ou un psychiatre ». Quant aux personnels connectés 24h sur 24h à leur entreprise via les portables – téléphone et/ou ordinateur – « ils doivent apprendre à se ménager du temps. Il est important de couper mais aussi de conserver une bonne hygiène de vie, en termes notamment d’alimentation et de sommeil. Le burn-out est une maladie sournoise. C’est comme une bougie qui se consume lentement. Un jour, il n’y a plus rien. »
Ecrit par David Picot – Edité par Emmanuel Ducreuzet
Source: Le Perche

18 juin 2012

Psychologie sociale et nuisances sonores : l’analyse de l’Académie de médecine


Le site du Documentation et d'Information sur le Bruit se fait le relai d'un rapport intéressant sur les méfaits du bruit sur la santé (notamment sur son caractère stressant et fatigant.
Retrouvez l''article sur le site Bruit.fr
L’Académie de médecine a publié un rapport sur « Les nuisances sonores de vois
inage dans l’habitat » rappelant les effets néfastes du bruit sur la santé et présentant des recommandations.
Un groupe de travail de la Commission Santé et Environnement, piloté par Monsieur François Legent, ORL, professeur émérite de la faculté de médecine de Nantes, s’est autosaisi en 2011 de la problématique des nuisances sonores de voisinage dans l’habitat. Ces travaux se concrétisent par un rapport publié le 11 juin 2012, dans lequel les auteurs analysent les enjeux sanitaires liés à cette nuisance et préconisent une série de recommandations, dont la création d'offices «bruit» dans les municipalités.
Le groupe de travail a souhaité auditionner le Centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB), qui reçoit chaque année plusieurs milliers de plaintes concernant le bruit. En 2010, les deux psychologues de l’environnement chargées au CIDB de l’accueil des plaignants, ont mené une étude sur la gêne ressentie, basée sur 975 entretiens téléphoniques. Près de 35% des plaignants évoquent des effets du bruit sur leur santé, dont 34% des perturbations du sommeil, 26% du stress et de la tension nerveuse, 22% de la fatigue, 7% évoquant même un état dépressif.
Bien que le bruit ne soit pas considéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une cause directe de maladie mentale, des études suggèrent que le bruit pourrait bien avoir un impact, par le biais notamment des perturbations du sommeil, estiment les auteurs du rapport. Ceux-ci citent également un retentissement sur le système cardiovasculaire, susceptible de faciliter l'installation d'une hypertension artérielle, ainsi que des modifications de sécrétions hormonales (cortisol...), liées au stress, qui ont des répercussions sur le système immunitaire. L'exposition au bruit passe également pour être responsable d'une augmentation des accidents du travail, des internements psychiatriques et d'une surconsommation de somnifères et de sédatifs.
L’Académie Nationale de Médecine constate que la France a fait l’effort de mettre progressivement en place depuis un demi-siècle une réglementation pour lutter contre les nuisances sonores en général, et dans l’habitat en particulier. Mais l’efficacité de cette réglementation abondante montre actuellement ses limites. Elle insiste sur le nécessaire respect de la réglementation acoustique dans les constructions neuves qui ne peut s’obtenir qu’avec des contrôles dont la rareté paraît peu compatible avec l’efficacité, d’autant plus qu’il s’agit de normes d’exigence minimale. Lorsque des modifications sont envisagées dans l’habitat, l’absence de dégradation de la qualité acoustique s’impose; si la jurisprudence confirme cette obligation, aucun texte règlementaire n’en fait état. Il importe de sensibiliser à la qualité acoustique tous les corps de métier qui interviennent dans l’habitat, notamment les architectes. Dans l’amélioration de l’environnement, la part du bruit passe le plus souvent au deuxième plan, loin derrière la performance thermique, alors que l’incidence sanitaire et le poids économique des nuisances sonores sont majeurs. Si le rôle du maire, autorité administrative la plus proche des habitants, a acquis une importance prépondérante avec la création des ARS, il doit mettre son autorité à faciliter l’information des habitants concernant la maîtrise des nuisances sonores de voisinage, à favoriser la médiation, et à mener le plus possible des actions de prévention.
L’Académie nationale de médecine recommande :
- concernant la qualité acoustique de l’habitat :
  • d’ajouter une information sur les performances acoustiques de l’habitat lors des transactions immobilières ;
  • de sensibiliser les architectes et les entreprises intervenant dans l’habitat à la nécessaire qualité acoustique ;
  • de former et qualifier des entreprises de bâtiment pour les travaux d’acoustique de créer un label « qualité acoustique » pour les entreprises intervenant dans l’habitat ; 
  • de faciliter l’offre d’un conseil acoustique pour l’habitat aux particuliers.
- concernant l’aide aux habitants :
  • de créer auprès des municipalités le plus possible d’ « Offices du bruit », à l’image de celui mis en place par la Ville de Toulouse, bien identifiés offrant aux particuliers à la fois une écoute, une aide et une possibilité de médiation ; 
  • d’introduire systématiquement la lutte contre le bruit dans tous les programmes nationaux de promotion de la qualité de vie, en insistant sur la responsabilité individuelle ; 
  • de toujours inclure la maîtrise du bruit lors des campagnes de sensibilisation à l’environnement. 
Très sensible au constat et aux recommandations de l’Académie nationale de médecine, le CIDB est heureux d’avoir anticipé le message concernant le rôle essentiel des villes en lançant, le 3 avril dernier, « Le club Décibel Villes », réseau d’échanges des bonnes pratiques entre les collectivités territoriales qui souhaitent engager des actions d’amélioration de l’environnement sonore et les divers experts porteurs de solutions dans ce domaine.
Groupe de travail «Bruit et santé» de la commission XIV (Santé et Environnement) : Pierre Pène , Jean-François Allilaire, Christian Géraut, Claude Pierre Giudicelli, François Legent (rapporteur), Patrice Tran ba Huy.
Personnes auditionnées par l’Académie nationale de Médecine : Alice Debonnet-Lambert, directrice du CIDB, Gilles Souet, ingénieur principal d’études sanitaires à l’ARS du Centre et Jacques Roland, consultant en acoustique, membre de l’ACNUSA et ancien directeur du département acoustique du CSTB.
Télécharger le rapport (site de l'Académie de médecine)