22 septembre 2017

5 conseils pour définir et venir à bout du burn-out par Marie Pezé

Retrouvez ici l'article du huffington post.
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5 conseils pour définir et venir à bout du burn-out par Marie Pezé, psychanalyste et ancien expert judiciaire auprès de la Cour d’Appel de Versailles

Nous assistons, dans les consultations spécialisées dans la souffrance au travail, à une simplification de langage de la part des patients, tous en "burn-out" comme, à une époque tous "harcelés". Le syndrome d'origine se transforme en concept-poubelle, en pop psychologie, vidé de sa définition véritable, et son omniprésence masque les autres pathologies psychiques liées au travail, tout aussi sérieuses à prendre en compte.

Du côté des entreprises, le burn-out est encore trop souvent renvoyé à des caractéristiques personnelles: surinvestissement du travail, terrain addictif, besoin excessif de reconnaissance, engluant le salarié dans sa culpabilité individuelle, exonérant les organisations du travail de leur obligation de protection de la santé physique et mentale des salariés (L 4121). La conscience professionnelle, autrefois vertu majeure, est-elle devenue une pathologie? Vouloir bien faire son travail en ayant le temps, les moyens, les objectifs, relève-t-il d'un idéal névrotique?

Au-delà des questions de définitions, d'imputabilité ou pas à l'entreprise, de reconnaissance en maladie professionnelle, qui nécessiteraient une argumentation que je développe dans Le Burn-out pour les nuls, et devant l'aggravation et la multiplication des cas dans nos consultations, voici quelques conseils majeurs:

Ne pas mépriser sa fatigue et connaître les trois symptômes d'alerte
Une fatigue indéracinable, un repos qui ne repose plus. Une perte du plaisir à aller travailler. Le recours aux produits pour tenir. A ce stade, il faut consulter.

Ne pas se laisser dévorer par le dieu du temps, Chronos, qui devient vite un voleur de vie
Ne vous laissez pas avoir par le bip de l'e-mail entrant, par le nombre d'e-mails affichés pas encore lus, la messagerie saturée. Toutes ces mini-actions de lecture/compréhension/réponse vous épuisent et surtout vous empêchent de penser vraiment. Pour penser, réfléchir, votre cerveau a besoin d'espace et de temps. Ce fameux 'temps de cerveau disponible» que notre civilisation consumériste sait capturer, REPRENEZ-LE! Pour vous.

Travailler sur sa peur en ne restant pas seul
La peur cède quand on découvre qu'on n'est plus seul, qu'un médecin, un thérapeute, un avocat, un inspecteur du travail, un médecin-conseil peuvent s'interposer entre l'employeur et son salarié. Quand on devient un salarié averti de ses droits et de ses devoirs.
Bien sûr, il est plus simple de surmonter sa peur collectivement, quand on peut s'appuyer sur les collègues, le collectif, l'équipe. On a vu que dans un monde de polyvalence, de turn-over, de délocalisation, les équipes se disloquent. Or, ce qui se passe au travail est notre affaire à tous. Il faut défendre les autres pour renouer avec la solidarité.

Non, tout ne vient pas de nous
Il faut aussi tenir compte de la façon dont on organise notre travail, identifier les techniques de management pathogènes. Bien sûr, le travail est en forte résonance avec notre identité personnelle. Si le salarié s'investit trop au travail, on aura beau jeu de penser qu'il a un besoin éperdu de reconnaissance depuis l'enfance. Qu'il n'obéit pas aux consignes parce qu'il s'oppose inconsciemment à l'autorité paternelle! Mais peut-on dire à l'ouvrière, qui souffre des 27 bouchons qu'elle visse par minute, que son OEdipe y est pour quelque chose? Peut-on dire au harcelé qui s'effondre à son poste: "Partez au lieu de supporter cette souffrance", alors que démissionner lui ferait perdre ses droits sociaux? Les Françaises apportent-elles leur consentement pulsionnel à être payées 25% de moins que les hommes?

Sachez reconnaître votre propre travail à défaut d'obtenir la reconnaissance de votre hiérarchie
Ce que nous investissons dans le travail ne peut se soutenir que grâce à des gratifications obtenues en retour:
Gratifications issues du travail lui-même lorsqu'il est bien fait et nous renvoie une image positive de nos compétences. Sauf si nous travaillons en mode dégradé!
Gratifications réelles au travers du salaire ou d'autres avantages. Sauf si ces rétributions sont bloquées!
Gratifications symboliques par ce que l'usager pour qui nous travaillons, notre hiérarchie et nos collègues, nos pairs nous renvoient l'utilité de ce que nous avons fait pour eux. Sauf s'il est de bon ton de ne jamais remercier le salarié pour le travail bien fait, de ne pas le rater quand il a fait une erreur.

Pour vous les femmes, il est temps de redire qu'une double journée pèse sur vos épaules et que cela ne doit plus être une double peine
C'est toujours EN CONTRE que le corps de la femme va devoir trouver sa place dans l'organisation du travail en France. Elles doivent s'adapter à un monde du travail construit par les hommes qui ont des femmes les déchargeant de la sphère domestique et familiale. D'où les réunions tardives, les dossiers déposés à 18 heures, les freins à la carrière quand on a des enfants et que l'employeur anticipe les absences pour enfant malade, les temps partiels. Et tout en supportant le sexisme ordinaire qu'on taxe encore trop souvent de gauloiserie à la française.


Dans tous les cas, ne restez pas seuls.


Pour aller plus loin



FIRST EDITIONS
Marie Pezé - Le burn-out pour les nuls - Ed. First


A voir: Cash Investigation le 26/09/17 sur France 2

Travail : ton univers impitoyable, un documentaire de Sophie Le Gall, mardi 26 septembre 2017, à 20h55 sur France 2

Voici la bande annonce:

11 mars 2017

Théâtre débat - Travail: quelle place dans notre vie ?




image: http://www.letelegramme.fr/images/2017/03/10/quatre-comediens-interpretent-mireille-et-matthieu_3326732_491x330p.jpg?v=1
Quatre comédiens interprètent « Mireille et Matthieu deviennent vieux et vieille... et alors ». (Photo DR)
Quatre comédiens interprètent « Mireille et Matthieu deviennent vieux et vieille... et alors ». (Photo DR)


14 janvier 2017

A lire: Universités, écoles, prépas... : ce qui change dans le supérieur en 2017


Un article passionnant et très complet de Jean-Claude Lewandowski pour le journal Le Monde



lire l'article dans son intégralité ici

Filière par filière, le point sur les tendances et nouveautés de cette année qui débute, pour les établissements grands ou moins grands de l’enseignement supérieur.

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Voici un tour d’horizon de l’actualité des principaux types de ­formation. Avec, pour commencer, un rappel des tendances que les étudiants doivent avoir à l’esprit pour piloter leur cursus, au moment d’effectuer ses choix sur Admission post-bac (APB 2017) ou plus avant.

L’offre devient plus complexe Partout, des écoles se créent, de nouveaux cursus (bachelor, master of science [MSc]…) voient le jour, les spécialisations se multiplient. Sans parler de la dualité universités-grandes écoles, ni des possibilités de cursus à l’étranger. Résultat, étudiants et parents peinent à s’y retrouver.

Les « passerelles » entre programmes se répandent Elles permettent de réparer une erreur d’orientation – à condition de s’y prendre à temps.

Les frais de scolarité grimpent – sauf à l’université. En cause, la baisse des subventions de l’Etat et des chambres de commerce et ­d’industrie, l’essor des services aux étudiants, le besoin d’équipements de qualité… Mais les moyens de financer un cursus (bourse, alternance, stage, petits boulots…) sont de plus en plus nombreux.

L’international devient la règle Les séjours longs à l’étranger se multiplient. Une bonne maîtrise de l’anglais est désormais incontournable.

La pédagogie est en plein ­renouveau MOOCs (cours en ­ligne accessibles au plus grand nombre), apprentissage par projet, classes inversées, interdisciplinarité, travail en équipe : ­partout, les établissements réinventent leur enseignement.

Les parcours s’individualisent Chacun peut composer son cursus à sa façon, en combinant options, stages et séjours à l’étranger. L’étudiant doit donc être « acteur » de son parcours, voire stratège.

L’entreprise est toujours plus présente Sous des formes diverses : stages, missions, interventions d’experts dans les cours, chaires… Sans oublier, bien sûr, l’apprentissage.

L’entrepreneuriat gagne du terrain De plus en plus d’étudiants portent un projet, de création d’entreprise, d’action humanitaire, d’association sportive… Phénomène de mode ? Plutôt une lame de fond.
Universités : la sélection admise en master ?

La sélection devrait faire son ­entrée officielle à l’université. ­Selon un texte adopté par les ­députés en décembre, à compter de 2017, les universités pourront « choisir » leurs étudiants à l’entrée en master, la sélection entre M1 et M2 ayant été jugée illégale par le Conseil d’Etat – même si des dérogations sont prévues pour le droit et la psychologie. Les titulaires d’une licence bénéficieront cependant d’un « droit à la poursuite d’études ».

A cet effet, un portail présentant tous les masters sera créé, ainsi qu’un fonds d’aide à la ­mobilité pour les étudiants non admis dans le master de leur choix. Reste que nombre d’aspects de la ­réforme restent flous. « Comment, par exemple, orienter les étudiants entre M1 et M2, où les effectifs sont forcément limités ? », interroge ­David Alary, vice-président de l’université Toulouse-I-Capitole.

La lutte contre l’échec en licence reste une priorité pour les universités, qui multiplient les initiatives pour mieux accompagner les étudiants, et ce malgré des budgets contraints. L’afflux de 32 000 étudiants supplémentaires à la rentrée 2016 a d’ailleurs conduit le gouvernement à débloquer une rallonge de 100 millions d’euros.

Art, design, création : engouement confirmé

Le succès des écoles d’art, de ­design et de création, publiques ou privées, ne se dément pas. ­Résultat, la sélection devient de plus en plus rude dans les écoles cotées : l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (Ensad) compte ainsi 2 400 candidats pour 80 places en première année. Un engouement qui répond à la demande accrue du marché de l’emploi.

« Le paysage est en pleine ­recomposition », observe Marc Partouche, directeur de l’Ensad. Ces établissements sont en effet courtisés par les écoles de gestion et d’ingénieurs. Les partenariats se multiplient, à l’instar de ­l’alliance Centrale/Audencia ­Busi­ness School/ENSA (architecture) à Nantes ou d’Artem à Nancy (ICN Business School-Ecole des Mines-Ensad), qui dispose d’un nouveau campus ­ultramoderne. Le groupe Ecole supérieure de commerce (ESC) Troyes, l’Institut des hautes études économiques et commerciales (Inseec) et Kedge Business School, de leur côté, possèdent leur école de design en interne. Quant aux doubles diplômes management-design ou ingénieur-design, ils font florès.

Parallèlement, on assiste à une vague de rachats (Strate, Mod’art…) par des groupes comme Studialis ou des fonds d’investissement. Il est vrai que les écoles d’art privées, souvent onéreuses, connaissent une croissance accélérée. D’autres cherchent à étoffer leurs effectifs et/ou à étendre leur champ d’action. L’Ensad prévoit de s’installer dans une aile du château de Versailles, et lance une école de « mode et matière », à bac + 4, avec les Mines-ParisTech et Paris-Dauphine. Les universités, de leur côté, créent de nouveaux programmes.

Dernière nouveauté : les classes préparatoires privées aux écoles d’art seront désormais ­reconnues par le ministère de la culture. Les élèves bénéficieront ainsi du statut d’étudiant, et pourront donc percevoir une bourse.

Classes préparatoires : égales à elles-mêmes

Effectifs stables, programmes quasi inchangés : les classes préparatoires maintiennent le cap – au moins depuis la réforme de 2015, destinée à offrir un meilleur accompagnement aux bacheliers entrant dans l’enseignement ­supérieur. Seule nouveauté : la plupart des universités ont ­signé des conventions afin de ­reconnaître le parcours des élèves en prépa». Mais ceux-ci doivent s’inscrire à l’université – et donc payer les droits, ce qui suscite quelques remous.

Le nombre de places aux ­concours ne diminue pas, voire augmente légèrement : les élèves sont donc à peu près assurés d’être admis quelque part.

« La plupart des quelque 30 % de candidats qui n’intègrent aucune école ont réussi un concours, mais préfèrent “cuber” [redoubler leur deuxième année] dans l’espoir de rejoindre un établissement qu’ils jugent plus coté, note Alain Joyeux, président de l’Association des professeurs de prépas économiques et commerciales ­(APHEC). Le concours n’élimine pas : il permet de classer les candidats entre les écoles. »

« En réalité, la sélection s’opère plutôt à l’entrée en prépa », ­confirmeSylvie Bonnet, présidente de l’Union des professeurs de prépas scientifiques (UPS).

Ecoles d’ingénieurs : le temps des regroupements

L’heure est aux regroupements dans les écoles d’ingénieurs. Si la fusion de Centrale Paris et de Supélec est bien avancée, plusieurs autres sont engagées. Comme celle des ­Mines de Nantes avec Télécom Bretagne qui forment, depuis le 1er janvier, l’Institut Mines-Télécom Atlantique. Dans le même temps, Télécom Lille fusionne avec les Mines de Douai. De leur côté, HEI, l’ISA et l’ISEN (Lille, Brest et Toulon) ont créé l’alliance Yncréa, présente sur onze sites et forte de 5 500 étudiants.

En parallèle, les écoles poursuivent leur ouverture sur le management, les sciences humaines et sociales, la communication… Ces disciplines peuvent représenter jusqu’à 30 % des enseignements. Les établissements multiplient aussi les partenariats avec les écoles de gestion (avec souvent un double diplôme à la clé), mais aussi de design ou d’architecture.

Pour répondre à la demande croissante des industriels, les écoles d’ingénieurs cherchent à recruter davantage de filles (elles ne représentent que 27 % des promotions, en moyenne), et aussi des étudiants recalés de la première année (Paces) d’études médicales.

Enfin, la hausse des frais de scolarité se poursuit dans les écoles d’ingénieurs publiques (sauf dans celles dépendant du ministère de l’éducation nationale). Les droits passent ainsi à 2 150 euros pour l’Institut Mines-Télécom. Les écoles privées, de leur côté, tournent désormais autour de 7 000 euros par année de scolarité.
Management : les grandes écoles réinventent leur modèle

Baisse de leurs subventions, concurrence accrue des Instituts d’administration des entreprises (IAE), des universités étrangères, voire de filières comme les Instituts d’études politiques (IEP) ou même les écoles hôtelières : le modèle des grandes ­écoles de gestion connaît de profonds changements. Pour équilibrer leurs comptes, elles augmentent leurs frais de scolarité. HEC vient même d’annoncer une hausse de 6 % à 8 % pour les trois prochaines années.

A côté des classes prépa, les ­admissions parallèles (sur titres, après une licence, un bachelor…) sont en forte progression, de même que les cursus post-bac. Les écoles élargissent aussi leur public avec de nouveaux programmes (mastères spécialisés, MSc).

Plusieurs écoles se renforcent à l’international : Skema Business School ouvre un campus au Brésil, après la Chine et les Etats-Unis ; Audencia lance une école de gestion à Shanghaï.

Enfin, les business schools ­renouvellent leur pédagogie (MOOC, classes inversées, travail en équipe et/ou sur projet, jeux sérieux…). Grenoble EM, EM Lyon, EM Strasbourg, Essca, Audencia et EM Normandie sont en pointe sur ce sujet. Toutes mettent aussi l’accent sur le suivi et l’accompagnement des élèves. « La qualité des services offerts est sans conteste un point fort de nos écoles », souligne Jean-Guy Bernard, directeur général d’EM Normandie.

Les écoles françaises comptent toujours parmi les meilleures en Europe. On en dénombre sept dans les vingt premières du palmarès du Financial Times, HEC et l’Insead se classant respectivement 2e et 3e. Côté accréditations, Skema vient de décrocher la « triple couronne » (Equis, AACSB, AMBA), tandis qu’EM Normandie et BSB (Burgundy School of Business) ont obtenu le label Equis.

Sciences Po : la famille s’agrandit

Depuis la rentrée 2014, le réseau des IEP de région (Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse) compte un membre ­supplémentaire : celui de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Au total, ces sept instituts offrent 1 100 places à l’issue de leurs épreuves communes, Bordeaux et Grenoble continuant de faire ­concours à part. Fruit d’une ­collaboration entre les universités de Cergy-Pontoise et de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, le nouvel IEP est le seul à déboucher sur un double ­diplôme, celui de l’école et un master universitaire.

Soucieux d’ouverture sociale, les IEP de région ont mis en place un programme d’études intégré (PEI), qui propose une plate-forme en vue du concours, ainsi qu’une préparation intensive d’une semaine. « Le PEI permet d’intégrer nos instituts par le concours “normal”. Il constitue aussi un tremplin vers d’autres ­filières du supérieur », précise ­Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Un dispositif bien différent de celui de Sciences Po Paris, dont le concours spécifique pour les jeunes de quartiers défavorisés a accueilli près de 1 500 élèves en quinze ans.

De son côté, Sciences Po Paris annonce la création d’une école de management et de l’innovation. En 2018, l’Institut ouvrira à Reims un campus pour 1 600 élèves de 1re et 2e années. Et en 2021, il s’installera dans le bâtiment de l’hôtel de l’Artillerie (7e arrondissement) – un investissement de 200 millions d’euros.

Etudes médicales : le numerus clausus légèrement relevé

Bonne nouvelle pour les candidats des filières médicales : en 2017, le fameux numerus clausus, fixé en fonction des ­besoins de santé et des capacités de formation, est relevé de 478 places, pour en atteindre au total 8 124.

Pour autant, le concours de la Paces (première année commune aux études de santé), qui regroupe les candidats en médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique – et également ceux de quelques écoles de kiné – reste une épreuve sélective, avec en moyenne 25 % d’admis seulement. L’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), par exemple, offre 380 places pour 2 400 étudiants.


Doyen de la faculté de médecine de l’UPMC, Bruno Riou ­précise que « 67 % de ceux qui réussissent le font en deux ans ». Les bacheliers S avec mention très bien affichent le plus fort taux de réussite. « En cas de ­notes très faibles au premier ­partiel, mieux vaut se réorienter sans ­attendre, car les chances de succès sont très minces », ­conseille Bruno Riou.

Plusieurs initiatives visent à rendre ce dispositif moins brutal. Ainsi, l’université d’Angers met en place le système PluriPass, qui supprime tout redoublement et instaure une sélection progressive, avec des places en supplément dans d’autres ­filières. Autre formule, Alterpaces, qui permet à des diplômés de licence d’entrer en 2e ou 3e année de médecine.

Filières courtes : le renouveau

Les filières courtes (à bac + 2 et 3) ont la cote auprès des étudiants – surtout lorsqu’elles sont sélectives, comme c’est le cas des IUT (instituts universitaires de technologie). Beaucoup de recruteurs jugent en effet excessive la « préférence » française pour le master.

Aussi la tendance est-elle à la hausse des effectifs dans ces filières. Les 113 IUT devraient ainsi accueillir davantage de bacheliers technologiques, grâce à des quotas de places réservées. Les IUT souhaitent en outre proposer un diplôme à bac + 3 (licence ou bachelor).

Des expérimentations en ce sens seront lancées à la rentrée. Le gouvernement a aussi annoncé la création de 2 000 places par an sur cinq ans en STS (sections de techniciens supérieurs) pour les bacs pro.

Quant au bachelor, cursus à la fois « professionnalisant » et axé sur l’international, son ­essor se poursuit. L’ESCP Europe et EM Lyon ouvrent le leur à ­Paris. Côté écoles d’ingénieurs, après les Arts et Métiers, ­Polytechnique lancera son ­bachelor en 2017.

En revanche, le projet de la ­réforme de la licence reste en chantier. Ce diplôme universitaire demeure freiné par le manque d’ouverture sur l’emploi. Quant aux licences pro, elles connaissent un certain engouement, mais sont parfois jugées trop pointues.

04 janvier 2017

A voir, le documentaire Harcèlement sexuel : le fléau silencieux d'Olivier Pighetti

La chaîne France 5 vient de diffuser le documentaire Harcèlement sexuel : le fléau silencieux, dans le cadre de l'émission Le Monde en Face, présentée par Marina Carrère d'Encausse.
Pour le revoir: http://pluzz.francetv.fr/videos/harcelement_sexuel_le_fleau_silencieux.html

En savoir plus: article publié par Célia Mascre sur le site France3 Région (Picardie)
Deux anciennes salariées du Cartouche Club d'Amiens témoignent.
EXTRAIT - Harcèlement sexuel : le fléau silencieux (Le monde en Face, France 5)

C’est un fléau silencieux qu’on réduit souvent à des blagues salaces, et pourtant, les psychiatres s’accordent à dire que les traumatismes du harcèlement sexuel peuvent être aussi violents que ceux d’un viol. Pendant un an et demi, le réalisateur Olivier Pighetti a suivi la lutte de quatre femmes, qui ont dû se battre pour que la justice ne classe pas leur dossier sans suite.

Parmi elles, deux jeunes femmes anciennement salariées au Cartouche Club d'Amiens, une PME qui vend des cartouches pour imprimantes. "Laury et Gwenaëlle venaient de milieu très modestes lorsqu'elles ont été embauchées. Pour elles, c'était une manière de sortir d'une forme de précarité, elles étaient très contentes", raconte Olivier Pighetti.

HARCÈLEMENT SEXUEL SYSTÉMATIQUE

Mais très vite, et simultanément, elles font l'objet de harcèlement de la part du patron et de la patronne, un couple à la tête de la PME. Quand sa femme est absente, le patron pratique un harcèlement sexuel systématique, avilissant, dégradant. 

"Elles se sont consumées de l'intérieur, et se sont enfermées dans leur misère", relate le réalisateur. Et pour cause, au travail, personne ne remarque rien. Finalement, au terme d'un processus qui demande énormément de courage, elles parviendront à attaquer leur patron en justice.

CLASSÉ SANS SUITE

Si elles gagnent au Prud'homme, leur affaire est classée sans suite au pénal. "C'est là que l'affaire a été médiatisée, des collectifs féministes se sont emparés de l'affaire", raconte Olivier Pighetti. "Après plusieurs demandes d'interview avec le Procureur, on m'a finalement informé que l'affaire allait être rejugée", poursuit-il. 

"J'ai trouvé ça pitoyable, terrible, qu'il faille qu'un média pousse à ce point pour que la justice s'en occupe", s'indigne le réalisateur. 

Depuis, Laury et Gwenaëlle, terrifiées, ont déménagé pour ne plus le croiser et fondent en pleurs à l’idée de passer devant leur ancienne entreprise. 


VOUS VOULEZ QUE JE POSE MON SEXE SUR VOTRE BUREAU ? 


Ça vous dirait que je vous sodomise sur mon bureau tout neuf ?", "vous voulez que je pose mon sexe sur votre bureau ?". Des phrases de ce genre, Laury et Gwanaëlle en ont entendu quotidiennement. "Les mots peuvent faire aussi mal les coups. C'est une arme de destruction massive. Depuis, j’ai perdu ma joie de vivre", témoigne Gwenaëlle dans le documentaire. 

Et pour cause, les traumatismes subis par une victime de harcèlement sexuel sont très proches des victimes de viol. Pourtant, contrairement au viol, prouver le harcèlement et quasi mission impossible. "C'est parole contre parole", résume Olivier Pighetti. Peu de harceleurs laissent de trace : pas de mail, ni de sms... 

Mais, rappelle-t-il, les enregistrements sont valables au pénal. Le réalisateur encourage les victimes à prendre des vidéos et enregistrer les scènes de harcèlement. "Ces méthodes ne sont peut-être pas glorieuses, mais c'est tout ce qui peut fonctionner à coup sûr", rappelle-t-il. 

En France, 20% des femmes sont harcelées sexuellement au travail. Seuls 5% des affaires harcèlement qui passent par les tribunaux aboutissent sur une condamnation au pénal. 

Le patron de Gwenaëlle et Laury a été condamné à 2 ans de prison dont une année avec sursis, obligation de soins et 2 500 euros de dommages et intérêts pour chacune des deux jeunes femmes. Il a fait appel de sa condamnation.

16 novembre 2016

Venez nombreux au salon Studyrama le 26/11/16 sur Quimper

RENDEZ-VOUS LE 26 NOVEMBRE A QUIMPER POUR S’ORIENTER OU SE RÉORIENTER

Le 10ème salon Studyrama des Etudes Supérieures de Quimper est le rendez-vous à ne pas manquer le 26 novembre pour trouver sa formation de Bac à Bac +5 et réussir son orientation. Retrouvez plus de 200 formations, en initial ou en alternance, de Bac à Bac +5.
Que vous soyez en Terminale et à la recherche d’une formation supérieure, ou étudiant(e) et en quête d’une réorientation ou d’une spécialisation, ce salon est fait pour vous.
Vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour en savoir plus sur les cursus et formations qui existent et pour bien préparer vos études supérieures, et découvrirez les secteurs et les métiers qui ont la côte.

Cet événement est organisé avec le soutien du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

PLUS DE 400 FORMATIONS DE BAC A BAC+5, EN INITIAL OU EN ALTERNANCE

Le 26 novembre, ne manquez pas l’opportunité de rencontrer de nombreux établissements supérieurs publics et privés, représentant des filières, des niveaux et des spécialités très divers : universités, lycées, prépas, CFA (Centre de Formation en Alternance), écoles de commerce & écoles d’ingénieurs, écoles de métiers spécialisées dans des domaines aussi variés que l’art, la santé, l’informatique, le tourisme, l’hôtellerie/restauration, le transport et la logistique, les sciences, le commerce, le marketing, l’agroalimentaire ou bien encore le journalisme, la communication, le droit, etc.

RENCONTREZ TROIS UNIVERSITES DE LA REGION


L’Université de Bretagne Sud, l’Université Catholique de l’Ouest et l’Institut Catholique de Rennes seront présents sur le salon des Etudes Supérieures de Quimper. Venez découvrir les formations universitaires proposées par les universités de la région dans des domaines variés : Arts, Lettres et Langues - Sciences humaines et sociales - Droit, Economie et Gestion - Sciences, Technologies et Santé... Licences, Licences pro, masters, doctorat... posez toutes vos questions aux responsables de formations.

A travers les différentes formations présentées, découvrez les secteurs, les métiers et les débouchés qui y sont liés.

Des professionnels à votre écoute

Les responsables pédagogiques présents seront vos interlocuteurs directs. Ils vous renseigneront sur leur filière, leurs programmes, les conditions d’admissions, les concours… Pour des conseils plus pratiques, des étudiants en formation seront également disponibles pour échanger avec vous. Profitez-en pour leur demander ce qu’on ne trouve pas sur les plaquettes ou les sites des écoles : ambiance, vie étudiante, campus, etc.

QUI NOTAMMENT RETROUVER SUR LE SALON ?
La salon de Quimper des Etudes Supérieures est l’occasion de venir à la rencontre de professionnels spécialisés dans des univers très divers. Venez notamment à la rencontre des écoles de commerce / management avec la présence de BREST / VANNES BUSINESS SCHOOL, EMBA, ESSCA, ... mais aussi découvrir les formations liées au domaine de la gestion et de la comptabilité avec la présence de IHECF. Des écoles d’ingénieurs vous seront également proposées : ECAM RENNES, ENI, ENSIBS, ESA ANGERS, FESIA, ISEN BREST / RENNES... Venez aussi découvrir les formations du domaine artistique et de la communication en rencontrant les spécialistes des écoles ESRA BRETAGNE, MJM GRAPHIC DESIGN, BREST OPEN CAMPUS EPSI - IFAG - SUP DE COM...
Le secteur de la santé sera également sur le salon avec notamment par IFSI - IFAS QUIMPER CORNOUAILLE, COURS GALIEN... mais aussi de la banque et de l’assurance par la présence de CFA DIFCAM. Des formations plus rares telles que la constructions Métalliques, la Maintenance des Systèmes vous seront proposées par le lycée Yves Thépot.
Ces contacts vous permettront en une journée de rencontrer une grande diversité de professionnels et de spécialistes qui vous aideront à mieux vous orienter et à choisir votre formation.
Enfin, un salon, c’est aussi l’occasion de dépasser ses a-priori, et de découvrir des formations auxquelles on n’avait pas forcément pensé avant.

Et parce qu’il n’y a pas que les études dans la vie...

Sur ce salon, vous pourrez aussi trouver des infos utiles sur les logements, les bourses, la sécurité sociale, et de nombreux bons plans. Bref, tout pour bien vivre au quotidien sa vie d’étudiant !

POUR COMPLÉTER VOTRE VISITE

- Un atelier Orientation vous recevra sur le salon. Retrouvez sur cet espace de nombreux conseils personnalisés pour bien vous orienter et réussir vos études, en partenariat avec le cabinet Quelennec, spécialiste de l’orientation.
- L’Officiel Studyrama des Etudes Supérieures en Région Grand-Ouest sera remis à chaque visiteur dès l’entrée du salon. Ce guide annuel de référence présente en détail les cursus des différentes écoles, vous explique les critères à privilégier pour faire le bon choix et décortique le système de ces organisations, afin qu’elles n’aient plus de secret pour vous. Conseils, témoignages et informations pratiques à portée de main.
- Des conférences animées par des spécialistes de l’orientation
Programme de conférences
Animées soit par un journaliste, un professionnel ou un directeur d’école, ces conférences sont un lieu d’échange et de discussion entre les visiteurs et les intervenants, de véritables occasions pour poser toutes vos questions et vous aider dans vos choix.
10h30 - 11h30- APB : mode d’emploi
APB est LE passage obligé pour vous inscrire dans le supérieur. Nous vous expliquerons pas à pas les démarches à suivre et vous conseillerons pour réussir au mieux votre orientation.
12h00 - 13h00- Bien choisir son école de commerce
Le critère de la "réputation" ne suffit pas pour choisir LA bonne école. Réseau professionnel, corps enseignant de haut niveau, infrastructures, vie associative... Découvrez les vrais critères pour bien choisir.
14h00 - 15h00- Bien choisir son école d’ingénieurs
Le critère de la "réputation" ne suffit pas pour choisir LA bonne école. Réseau professionnel, corps enseignant de haut niveau, infrastructures, vie associative... Découvrez les vrais critères pour bien choisir.



Informations pratiques

Horaires : Samedi 26 novembre 2016 - 9h30 à 17h30
Adresse : Parc des Expositions Quimper Cornouaille - Hall Artimon
32 bis rue de Stang Bihan
29000 Quimper
Accès : Bus - Lignes 5,10 - Arrêt Croix des Gardiens / Ligne 7 - Arrêt Le Pavillon


Téléchargez votre invitation

14 mars 2016

Dossier Keljob sur la diversité

Retrouvez l'intégralité du dossier:"La diversité en entreprise ça ressemble à quoi ?" sur le site keljob.


Tantôt confrontée aux contraintes de fonctionnement des entreprises, parfois victimes de stéréotypes culturels sur les métiers ou bien sujettes à des obstacles psychologiques intériorisés, la gent féminine doit faire face à de nombreux freins en matière d'évolution professionnelle. Mesdames, voici comment prendre votre carrière en main !

Savoir conjuguer vie privée/vie pro
Comme l'explique le Centre National d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CNIDFF) : « Les femmes consacrent deux fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et à la parentalité. Statistiquement, le temps d’une femme diffère donc de celui d’un homme, ce qui n’est pas sans conséquence sur la gestion de sa carrière professionnelle. » Première source de discrimination donc, la difficile conciliation entre vie pro et vie perso.
Pour y faire face, le télétravail est une solution de plus en plus plébiscitée qu'il ne faut plus hésiter à réclamer. « Un argument qui peut être appuyé par le simple fait qu'il est parfois plus facile de se concentrer chez soi qu'au bureau face aux nombreuses sollicitations, constate Garance Yverneau, responsable du cabinet de gestion de carrière au féminin 5A Conseil. La question du présentiel n'est pas si déterminante. Ce qui importe, c'est de savoir bien hiérarchiser ses priorités. Et pour les femmes qui s'occupent d'enfants, d'être efficace sans forcément rester jusqu'à 19h au bureau. » Autre problème récurrent, les réunions placées en fin de journée. « Il est primordial d'expliquer en quoi ces réunions ont un impact sur la culture de l'entreprise et sa rentabilité. Exclure une partie des collaboratrices se fait au détriment de l'efficacité », note Garance Yverneau.
"Les femmes vont être moins dans la compétition, dans une logique de pouvoir. Elles estiment presque que c'est un gros mot. Or, il faut accepter que l'entreprise soit un terrain de jeu."
Sortir du rôle de la bonne élève pour viser une promotion
Pour Garance Yverneau, les femmes doivent aussi apprendre à se rendre plus visibles en entreprise. « Elles rencontrent davantage de difficultés à mettre en avant leurs compétences et leurs expertises. C'est le symptôme de la bonne élève. Elles estiment que c'est en remplissant leurs objectifs, en travaillant de manière acharnée que l'on appréciera leur travail. Or ce n'est qu'une composante parmi d'autres qui permet d'être reconnue par sa hiérarchie. » Résultat, cela retarde l'accession à des postes de niveau supérieur. « À l'inverse, les hommes n'hésitent pas à valoriser leurs réalisations, à solliciter une augmentation, une promotion, relève Anne Quélennec, psychologue du travail. Puisqu’ils se proposent avant, ils saisissent les opportunités. Les femmes doivent apprendre à légitimer leurs ambitions : réussites, acquis... Même si elles pensent que ce n'est pas utile. » En d'autres termes, pensez à faire votre auto-promo !

Stop aux stéréotypes sur les métiers
Autre obstacle de taille : les préjugés sur les métiers dits masculins quand d'autres seraient soi-disant typiquement féminins. Selon Claire Saddi, fondatrice de l'incubateur Rhône-Alpes Pionnières : « ce constat est surtout culturel et dû au poids des croyances au moment de l'orientation. Les femmes vont avoir tendance à aller vers des filières qui les intéressent alors que les hommes réfléchissent davantage en matière de débouchés. Ils regardent les salaires, les secteurs porteurs. C'est pourquoi j'incite les femmes à se diriger vers d'autres secteurs comme le numérique ou le digital, car il existe une vraie méconnaissance de ces filières porteuses. Beaucoup seraient surprises de découvrir des métiers qui ne sont pas réservés aux geeks mais bien créatifs, ouverts au monde, comprenant un aspect relationnel. » D'autant que la filière regorge d'opportunités, notamment dans les start-up.

Comprendre et accepter les codes et challenges de l'entreprise
Outre les freins externes, Garance Yverneau pointe également du doigt un autre facteur : « les femmes vont être moins dans la compétition, dans une logique de pouvoir. Elles estiment presque que c'est un gros mot. Or, il faut accepter que l'entreprise soit un terrain de jeu. Il est décisif de comprendre ses règles, ses codes. » Sans quoi, difficile de savoir comment saisir une promotion, que telle personne est influente et qu'il est nécessaire de s'en faire un allié. « Les hommes ont plus de facilité sur ce terrain car ils vont mettre moins d'affectif dans leurs relations », ajoute-t-elle.

Faire face à la discrimination d'une parentalité
Le congé maternité est un autre temps fort à gérer dans la vie d'une femme. Souvent perçu comme un facteur bloquant, « il peut en réalité se transformer en opportunité à partir du moment où la femme prépare l'avant, le pendant et l'après, précise Garance Yverneau. En amont, il faut faire preuve de responsabilité en laissant ses dossiers terminés, en ayant formé son ou sa remplaçante. Pendant le congé, ne pas se couper à 100 % et garder un petit lien. Cela peut signifier par exemple un mail de temps en temps. Le congé permet aussi de bien réfléchir à sa carrière. » Enfin, pensez à préparer votre retour afin d'intégrer au plus vite votre poste !



Entre les réflexions du genre "dis-moi cocotte" ou "vous êtes charmante mais", les gestes déplacés ou certaines questions indiscrètes comme "comptez-vous bientôt avoir des enfants ?", les comportements machistes au travail sont encore légion. Quelle est la meilleure façon de réagir ? Keljob a interrogé plusieurs experts.

Des gestes, des paroles, des postures... Autant de comportements malheureusement courants et trop souvent dégradants. « Parfois même, cette somme de micro-discriminations peut être très violente pour la femme », relève Claire Saddy, président de l'incubateur Rhône-Alpes Pionnières et dirigeante de Tipi formation. D'autant que « tout le monde n'a pas le curseur placé au même endroit concernant ce qui est tolérable ou pas, constate Anne Quélennec, psychologue du travail. Il est donc parfois difficile d’en prendre conscience. »

"Quoi qu'il en soit, les femmes ne doivent jamais laisser traîner les choses. Sinon, un rapport malsain s'installe et l'homme ne comprendrait pas le jour où vous désireriez changer les choses."

Face aux phrases qui dérangent, l'humour comme répartie
On vous demande d'aller chercher le café car vous êtes la seule femme ? Ou bien un collaborateur rétorque "vous êtes charmante mais je ne suis pas d'accord avec vous" ? « Avec ce genre de petites phrases, les hommes n'ont parfois même pas conscience des comportements qu'ils renvoient, constate Garance Yverneau, responsable du cabinet de gestion de carrière au féminin 5A Conseil. D'où l'importance d'être subtile dans la réaction. Monter directement sur ses grands chevaux vous ferait rentrer dans un rapport de force stérile. » L'humour peut alors servir de relais pour remettre un interlocuteur à sa place et montrer que vous prenez de la distance par rapport à son comportement, comme l'illustre Claire Saddy. « Alors que je présentais une de mes collègues à un responsable en communication dans un aéroport, ce dernier la regarde de haut en bas avant de lui dire : "avec vous, on doit tout de suite décoller". Il s'agissait clairement d'une allusion sexuelle. Je lui ai répondu : "en tout cas, avec vous on reste à ras de terre." »


Surnoms déplacés : ne pas les laisser s'installer
Autre exemple, ce cadre condescendant qui a recours à un tas de surnoms déplacés. Une fois de plus, Anne Quélennec précise : « pas la peine de ruer dans les brancards. Pensez plutôt à évoquer de façon constructive que ce genre de remarque n'est adapté au monde professionnel. Car malheureusement, si un homme lève le ton on dira de lui qu'il est incisif, d’une femme, qu'elle est hystérique. Il faut donc user d'autres stratégies pour se faire entendre. » Outre l'humour, vous pouvez également avoir recours au machisme inversé. « C'est à dire, renverser les rôles, propose Anne Quélennec. Une manière de mettre en lumière le ridicule de la situation. » En cas de conflit, Garance Yverneau propose aussi : « d'avoir une vraie discussion avec la personne au lieu de l'attaquer. Et parler de son ressenti, cela me blesse, je me sens dévalorisée... »


Répondre aux petits gestes qui rabaissent
Un collègue vous passe le bras autour des épaules voire de la taille ? Si ce geste peut être perçu comme amical entre deux personnes qui se connaissent bien, « cela renvoie dans d'autres circonstances à une attitude paternaliste, note Claire Saddy. Une façon de se comporter de manière bienveillante, gentille mais rabaissant tout de même puisqu'il s'agit d'une attitude de domination. Encore une fois, l'homme ne comprendra pas forcément qui vous y répondiez de manière agressive. Il faut trouver la bonne répartie, par exemple, si vous êtes assise à côté de lui à ce moment là, lui dire que vous allez plutôt vous mettre en face », préconise-t-elle.


Être mère ne doit pas nuire à votre image
En matière de promotion interne, être mère ne doit pas être perçu comme un manque potentiel de disponibilité. « Le machisme ambiant freine la carrière des femmes. Que ce soit au moment de recruter ou pour un entretien par exemple, légalement il est interdit de demander si vous avez des enfants ou comptez en avoir. Cela induit que la femme va être moins disponible, moins efficace, plus attirée par sa vie familiale. Il serait toutefois dommage de se griller. Il est préférable d'expliquer que vous êtes consciencieuse et appliquée et que votre gestion du temps sera juste différente. »


Ne pas hésiter à en parler autour de soi
Enfin, en cas de doute, comme l'explique Anne Quélennec : « dès lors que vous vous posez la question, c'est que la ligne a peut-être été franchie. Il ne faut pas hésiter alors à en parler avec d'autres personnes de confiance. » Il peut s'agir d'un psychologue, du médecin du travail, d'un représentant syndical voire d'un(e) collègue pour lui demander s'il ou elle juge la situation normale. « Quoi qu'il en soit, les femmes ne doivent jamais laisser traîner les choses. Sinon, un rapport malsain s'installe et l'homme ne comprendrait pas le jour où vous désireriez changer les choses », conclut la psychologue du travail.