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09 juillet 2013

Alerte lancée par Marie Pezé: Assez !

Retrouvez l'alerte lancée par Marie Pezé directement sur le site Souffrance et Travail


"Nous ne pouvons pas assister en nous taisant à cette vague de patients en état de crise psychique aigue qui déferle dans nos consultations toutes saturées! Ou bien dans les cabinets de généralistes, de spécialistes, aux infirmeries des entreprises, en visite spontanée chez les médecins du travail! Tous les jours, à toute heure, tous ces patients en larmes, en poussée d’hypertension, au bord de la violence, éreintés…
C’est quoi ce pays où les assistantes de direction expliquent qu’elles travaillent à s’en faire éclater le cœur? Où des cadres de l’Assistance Publique font des malaises cardiaques et sont hospitalisés en réanimation! Où des médecins généralistes, des policiers, des chefs d’entreprise, des agriculteurs, ect..se suicident! Où des rédacteurs en chef expérimentés s’effondrent en larmes en réunion! Où des directeurs financiers veulent étrangler leur dirigeant! Où des salariés se jettent par les fenêtres! Des chômeurs s’immolent par le feu! Sans parler de tous ceux qui vont travailler la peur au ventre…
Ces salariés qui craquent sous des formes multiples mais toujours de façon brutale n’ont pas d’antécédents psychiatriques, en sont rendus au bord de l’explosion physique ou psychologique par des pressions de tous ordres, temporelles, cognitives, morales, mais loin, tellement loin du travail qu’ils ont quand même à faire, tout en se faisant traiter de paresseux, d’inorganisé, de sénior, de résistant au changement! Le changement, c’est 10 fois par seconde dans le monde du travail avec des ordres, des contre-ordres, du travail mal fait et ça rend fou.

Assez!

de ne pas pouvoir faire le lien entre le travail et ces états traumatiques parce qu’il n’y a pas de tableau de maladies professionnelles psychiques.
Parce que la caisse d’assurance maladie n’a pas à supporter le coût colossal de cette dérégulation collective, parce que sans le retour vers l’entreprise rien ne pourra changer, nous vous rappelons qu’on peut déclarer en accident du travail ces traumatismes psychiques aigus sous l’intitulé Réaction Aigue à un Facteur de Stress (code F 43-0 dans la classification internationale des maladies (CIM 10) ).
Ces modalités de prise en charge du traumatisme psychologique au titre des accidents du travail sont précisées dans la lettre réseau 2011 de la caisse nationale d’assurance maladie à ses directeurs et médecins conseils.
Alors et alors seulement, les membres du CHSCT, dont une des missions est la prévention des risques professionnels, pourront en faire l’arbre des causes; et si plusieurs salariés en sont atteints dans un service, questionner l’organisation du travail dans ce qu’elle a de pathogène.
Alors et alors seulement, le salarié pourra cesser de penser qu’il n’a pas été à la hauteur, qu’il a été faible, fragile.
Le salarié français est troisième en productivité horaire au rang mondial. Ce n’est pas le salarié paresseux qu’on nous décrit mais un salarié le dos au mur!
Le chef d’entreprise doit déclarer un fait accidentel, la loi le lui impose. S’il n’est pas d’accord, il le signale et l’argumente auprès de la caisse. S’il refuse la déclaration, nous rappelons qu’un salarié peut télécharger le triptyque (lien vers pdf) sur le site ameli.fr et envoyer sa déclaration d’A.T. avec un courrier explicatif, un certificat médical, des témoignages de collègues présents, un rapport de pompiers, ect.
La CPAM enverra ses enquêteurs qui statueront. Mais dans le cadre de la prévention des risques psychosociaux et parce que pèse sur l’employeur l’obligation de protection de la santé physique et mentale de ses salariés (L 4121), ce dernier a tout intérêt à débattre collectivement dans son entreprise, avec les acteurs paritaires, des situations de travail génératrices de stress aigus, pour ses salariés comme pour lui-même."

18 juin 2012

Psychologie sociale et nuisances sonores : l’analyse de l’Académie de médecine


Le site du Documentation et d'Information sur le Bruit se fait le relai d'un rapport intéressant sur les méfaits du bruit sur la santé (notamment sur son caractère stressant et fatigant.
Retrouvez l''article sur le site Bruit.fr
L’Académie de médecine a publié un rapport sur « Les nuisances sonores de vois
inage dans l’habitat » rappelant les effets néfastes du bruit sur la santé et présentant des recommandations.
Un groupe de travail de la Commission Santé et Environnement, piloté par Monsieur François Legent, ORL, professeur émérite de la faculté de médecine de Nantes, s’est autosaisi en 2011 de la problématique des nuisances sonores de voisinage dans l’habitat. Ces travaux se concrétisent par un rapport publié le 11 juin 2012, dans lequel les auteurs analysent les enjeux sanitaires liés à cette nuisance et préconisent une série de recommandations, dont la création d'offices «bruit» dans les municipalités.
Le groupe de travail a souhaité auditionner le Centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB), qui reçoit chaque année plusieurs milliers de plaintes concernant le bruit. En 2010, les deux psychologues de l’environnement chargées au CIDB de l’accueil des plaignants, ont mené une étude sur la gêne ressentie, basée sur 975 entretiens téléphoniques. Près de 35% des plaignants évoquent des effets du bruit sur leur santé, dont 34% des perturbations du sommeil, 26% du stress et de la tension nerveuse, 22% de la fatigue, 7% évoquant même un état dépressif.
Bien que le bruit ne soit pas considéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une cause directe de maladie mentale, des études suggèrent que le bruit pourrait bien avoir un impact, par le biais notamment des perturbations du sommeil, estiment les auteurs du rapport. Ceux-ci citent également un retentissement sur le système cardiovasculaire, susceptible de faciliter l'installation d'une hypertension artérielle, ainsi que des modifications de sécrétions hormonales (cortisol...), liées au stress, qui ont des répercussions sur le système immunitaire. L'exposition au bruit passe également pour être responsable d'une augmentation des accidents du travail, des internements psychiatriques et d'une surconsommation de somnifères et de sédatifs.
L’Académie Nationale de Médecine constate que la France a fait l’effort de mettre progressivement en place depuis un demi-siècle une réglementation pour lutter contre les nuisances sonores en général, et dans l’habitat en particulier. Mais l’efficacité de cette réglementation abondante montre actuellement ses limites. Elle insiste sur le nécessaire respect de la réglementation acoustique dans les constructions neuves qui ne peut s’obtenir qu’avec des contrôles dont la rareté paraît peu compatible avec l’efficacité, d’autant plus qu’il s’agit de normes d’exigence minimale. Lorsque des modifications sont envisagées dans l’habitat, l’absence de dégradation de la qualité acoustique s’impose; si la jurisprudence confirme cette obligation, aucun texte règlementaire n’en fait état. Il importe de sensibiliser à la qualité acoustique tous les corps de métier qui interviennent dans l’habitat, notamment les architectes. Dans l’amélioration de l’environnement, la part du bruit passe le plus souvent au deuxième plan, loin derrière la performance thermique, alors que l’incidence sanitaire et le poids économique des nuisances sonores sont majeurs. Si le rôle du maire, autorité administrative la plus proche des habitants, a acquis une importance prépondérante avec la création des ARS, il doit mettre son autorité à faciliter l’information des habitants concernant la maîtrise des nuisances sonores de voisinage, à favoriser la médiation, et à mener le plus possible des actions de prévention.
L’Académie nationale de médecine recommande :
- concernant la qualité acoustique de l’habitat :
  • d’ajouter une information sur les performances acoustiques de l’habitat lors des transactions immobilières ;
  • de sensibiliser les architectes et les entreprises intervenant dans l’habitat à la nécessaire qualité acoustique ;
  • de former et qualifier des entreprises de bâtiment pour les travaux d’acoustique de créer un label « qualité acoustique » pour les entreprises intervenant dans l’habitat ; 
  • de faciliter l’offre d’un conseil acoustique pour l’habitat aux particuliers.
- concernant l’aide aux habitants :
  • de créer auprès des municipalités le plus possible d’ « Offices du bruit », à l’image de celui mis en place par la Ville de Toulouse, bien identifiés offrant aux particuliers à la fois une écoute, une aide et une possibilité de médiation ; 
  • d’introduire systématiquement la lutte contre le bruit dans tous les programmes nationaux de promotion de la qualité de vie, en insistant sur la responsabilité individuelle ; 
  • de toujours inclure la maîtrise du bruit lors des campagnes de sensibilisation à l’environnement. 
Très sensible au constat et aux recommandations de l’Académie nationale de médecine, le CIDB est heureux d’avoir anticipé le message concernant le rôle essentiel des villes en lançant, le 3 avril dernier, « Le club Décibel Villes », réseau d’échanges des bonnes pratiques entre les collectivités territoriales qui souhaitent engager des actions d’amélioration de l’environnement sonore et les divers experts porteurs de solutions dans ce domaine.
Groupe de travail «Bruit et santé» de la commission XIV (Santé et Environnement) : Pierre Pène , Jean-François Allilaire, Christian Géraut, Claude Pierre Giudicelli, François Legent (rapporteur), Patrice Tran ba Huy.
Personnes auditionnées par l’Académie nationale de Médecine : Alice Debonnet-Lambert, directrice du CIDB, Gilles Souet, ingénieur principal d’études sanitaires à l’ARS du Centre et Jacques Roland, consultant en acoustique, membre de l’ACNUSA et ancien directeur du département acoustique du CSTB.
Télécharger le rapport (site de l'Académie de médecine)