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28 janvier 2015

A voir: le film Discount

BANDE ANNONCE DISCOUNT   

SYNOPSIS

Christiane, Gilles, Alfred, Emma, Momo et Hervé travaillent dans un hard discount. Ils voient leur monde s'effondrer quand leur chef Sofia Benhaoui leur annonce que leur poste va être supprimé. Ils vont être remplacés par des caisses automatiques. Pas question de se laisser faire. Ils décident de dérober des marchandises sur le point d'être périmées pour les revendre à prix cassés auprès de gens aux revenus modestes. C'est un succès. Ils récoltent plus de 10 000 euros. Mais quelqu'un a dû parler car la direction a vent de leur magasin éphémère. Gilles a un dernier plan pour que tout le monde s'en sorte...

 

 

LA CRITIQUE Télérama

On aime beaucoup
Ils s'appellent Christiane, Gilles, Emma, Alfred et Momo et sont caissiers dans un supermarché hard discount du Nord-Pas-de-Calais. Corvéables à merci, sous-payés, chronométrés jusque dans leur pause pipi, ils doivent tout de même garder « la banane », comme les y engage une affiche ridicule destinée au personnel. Des raisons de sourire, ils en ont, c'est sûr : avec l'arrivée de caisses automatiques, ils sont menacés de licenciement... Ils décident de réagir : ils créent clandestinement un « discount alternatif » en récupérant tous les aliments jetés dans des bennes parce qu'ils ont atteint la date de péremption. Leur initiative, rebelle et solidaire, rencontre une adhésion inattendue.
Une vraie comédie sociale française à la Ken Loach ! Chaleureuse, populaire, entre énergie du désespoir et ­humour de résistance, à la manière de Raining Stones et son réconfortant système D contre la misère ordinaire. Pour son premier film, Louis-Julien Petit saisit, avec une mise en scène dynamique, la fraternité du prolétariat, la solidarité au quotidien, sans jamais tomber ni dans le misérabilisme ni dans l'angélisme : la directrice du discount, apparemment la « méchante » de l'histoire, n'est qu'une victime de la pression des grands groupes, alors que les résistants antigaspi découvrent, eux, que, face à l'adversité, il est difficile de résister au « chacun pour soi »...
A travers ces dindons de la farce ­économique qui se transforment en ­Robins des Bois, c'est bien la France d'aujourd'hui que raconte le jeune réalisateur : celle du ras-le-bol du surendettement, de la précarité de l'emploi ou du logement. De la difficulté grandissante à mettre quelque chose de correct dans son assiette avec un maigre salaire, alors que les grandes surfaces détruisent quotidiennement des tonnes de nourriture. « Il faut aussi qu'on propose des produits frais, des fruits et des légumes. Pourquoi les pauvres mangeraient-ils forcément de la merde ? » s'emballe Christiane. Ces personnages indociles, généreux, tenaces sont interprétés par des comédiens qu'on a tous envie de citer, tant ils sont formidables : Corinne Masiero, Sarah Suco, Olivier Barthélemy, Pascal Demolon, M'Barek Belkouk et Zabou Breitman dans le rôle la directrice. A la fin de ce feel good movie engagé, malgré les bip des caisses automatiques qui résonnent déjà, Christiane a presque la banane. Elle et ses potes ont prouvé que la solidarité n'a pas de date de ­péremption. — Guillemette Odicino


11 septembre 2011

Marlène Benquet, Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché


Marlène Benquet, Les damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché, éditions du Croquant, 2011

Présentation de l'éditeur
Le 1er février 2008, les caissières d’un hypermarché du sud de la France ont décidé de se mettre en grève pour demander une prime exceptionnelle de 250 euros, le passage à temps complet des salariées employées à temps partiel contraint et l’augmentation des tickets-restaurant de 3,05 à 5 euros. En dépit de l’inexpérience militante de la grande majorité d’entre elles, la grève a été reconduite tous les matins pendant 16 jours. 
Cette enquête sur le quotidien d’un hypermarché, les conditions de travail, mais aussi les relations professionnelles, les aspirations et les déceptions de ces caissières, tente de montrer comment cette mobilisation, improbable au regard de leurs caractéristiques sociales, a été possible. Pourquoi sur les 75 000 personnes employées en France dans des hypermarchés, ces employées-là se sont-elles mobilisées, et pourquoi à ce moment-là ? 
Montrer quelles sont les conditions de la révolte, comment naît et se propage un jugement d’injustice, pourquoi ce qui était perçu comme supportable finit par ne plus l’être : tels sont les objectifs de cette enquête conduite dans un secteur exemplaire du triple mouvement de précarisation, de tertiarisation et de féminisation du marché de l’emploi contemporain.

Marlène Benquet est doctorante à l’EHESS (CMH-ETT) en sciences sociales et enseigne à l’université Paris Descartes. Elle travaille sur les recompositions de relations professionnelles, les nouvelles formes d’emploi et d’organisation du travail et la conflictualité professionnelle dans le secteur de la grande distribution.