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08 octobre 2019

Ouest France, « Les agents de la fonction publique souffrent beaucoup »

Retrouvez l'article  d'Aurore Toulon sur le site de Ouest France, publié le 3 octobre 2019


La santé des travailleurs, c’est leur boulot. Anne Quélennec est psychologue du travail à Quimper (Finistère). D’après son expérience, être fonctionnaire est loin d’être la planque tranquille qu’on caricature. Stress, épuisement professionnel : ces maux touchent particulièrement les agents de la fonction publique.
Anne Quélennec est psychologue du travail à Quimper.
Anne Quélennec est psychologue du travail à Quimper (Finistère). Elle fait le point sur la situation du stress et d’épuisement au travail. Entretien.
En tant que psychologue du travail, à quoi êtes-vous confrontée ?
Ça va du stress dans sa définition la plus vaste jusqu’aux salariés exposés à la violence, au harcèlement moral ou sexuel. On distingue le « burn-out », l’épuisement professionnel du « bore-out », quand on s’ennuie dans son travail. Certains sont mis au placard et n’ont vraiment rien à faire. Et on parle désormais aussi de « brown-out », pour les gens qui considèrent que leur boulot ne sert à rien.
Le burn-out n’est pas encore reconnu comme maladie professionnelle ?
Les choses évoluent dans ce sens. Dans le burn-out, on a souvent des gens très impliqués dans leur travail. Parfois la surcharge ne vient pas de l’entreprise mais du salarié lui-même qui ne sait pas s’arrêter, par besoin de reconnaissance, de faire ses preuves, d’être le meilleur…
C’est un phénomène violent ?
Oui ! Une victime de burn-out ne peut plus travailler. En plus des symptômes classiques dont l’épuisement, il y a souvent une forte baisse de l’estime de soi. Un patient me l’avait décrit d’une façon très imagée en me parlant de l’impression d’être un élastique sur lequel on a tiré pendant des mois et qui a lâché d’un coup.
Quelles professions rencontrez-vous le plus ?
Il y a des risques liés à chaque métier. Les aides-soignants en Ehpad [Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] doivent parfois faire face à l’agressivité de patients malades d’Alzheimer, les pompiers sont éprouvés par les situations qu’ils rencontrent. Il y a des métiers comme les policiers, les infirmiers et les médecins qui sont en souffrance parce que les valeurs sont très engagées.
L’épuisement professionnel n’est pas réservé aux cadres sup’alors ?
Non. C’est vrai qu’en ouvrant mon cabinet, je pensais que j’aurais surtout des cadres en entreprise. Et je me suis aperçue que les agents de la fonction publique souffrent beaucoup. On n’y pense pas forcément mais l’actualité le montre [avec le suicide d’une directrice d’école en région parisienne le 21 septembre].
Qu’est-ce qui peut expliquer ce mal-être dans la fonction publique ?
Il y a cette notion de service public et la volonté de bien faire, confrontées à la réduction de moyens. Et puis dans le privé on peut changer de travail si ça ne convient pas, mais dans la fonction publique ça ne marche pas pareil.
Dans les collectivités locales, les agents vivent au rythme de la vie politique. Avant une élection, les dossiers sont à l’arrêt dans certains services tandis que d’autres comme les services communications sont très sollicités. Et après l’élection, un changement d’équipe municipale peut avoir des conséquences sur l’organisation.
Et du côté de l’école ?
Les enseignants aussi sont touchés, je rencontre parfois des jeunes qui débutent et veulent changer de job au bout de deux ou trois ans. On leur donne souvent des classes multiniveaux en début de carrière. Résultat : ils ont beaucoup de préparation de cours le soir et ils s‘épuisent très vite. Si en plus les rapports avec les familles sont difficiles, ça devient vite différent de ce qu’on imaginait quand on a choisi ce métier…

10 juin 2014

Lire: les dix conseils d'une psychologue pour passer le bac, Ouest France 10/06/14

Article de Lucile VANWEYDEVELDT publié dans le journal Ouest-France du mardi 10 juin 2014.

Anne Quélennec, psychologue à Quimper.
Anne Quélennec, psychologue à Quimper.
Anne Quélennec, qui reçoit beaucoup de jeunes en consultation, donne quelques règles de bon sens avant les épreuves du baccalauréat qui débutent le 16 juin.

1 Mettre le bac à sa juste place

On entend dire qu'il ne vaut rien et, en même temps, on dit : « Passe ton bac d'abord ». Le diplôme ouvre des portes et donne accès à l'enseignement supérieur. Il valide un certain niveau et rassure les employeurs. Mais on peut très bien travailler sans le bac. Dans certaines professions, il n'est pas nécessaire. Il faut dédramatiser cette épreuve en se disant que, si on a bien travaillé, on n'a pas de raison de le louper. 80 % d'une classe d'âge réussissent.

2 Il faut ménager sa mémoire

Le principal moment de mémorisation, c'est pendant le sommeil. Quand on dort, le cerveau fait son travail d'archivage. Il faut des nuits de sept heures en moyenne pour bien récupérer. Je déconseille les nuits blanches pour réviser. Ça dérègle l'organisme.

3 Bien manger

Il faut s'alimenter correctement et s'aérer la tête pendant les révisions. Se ménager une ou deux heures de loisirs par jour. Attention aux excitants : alcool, tabac, café, cigarettes, cannabis. Et pas de médicaments.

4 Avoir de la méthode

L'idéal est de multiplier les méthodes d'apprentissages : travailler sa mémoire visuelle avec des couleurs, réciter son texte à haute voix, apprendre en marchant. On peut également faire des fiches que l'on relira au dernier moment.

5 S'organiser

Le lycéen peut également se faire un planning de la semaine. On est très efficace à 10 h et à 16 h donc il faut s'assurer de travailler à ces heures-là. On peut alterner les matières pour changer un peu.

6 Être stratège

Il faut travailler en priorité les matières à fort coefficient sans s'attarder sur celles qui rapportent peu de points. Il vaut mieux éviter de faire des impasses sur certains chapitres du programme. Si on tombe dessus, ça peut être la catastrophe.

7 Ne pas se précipiter

Devant sa copie, il faut bien lire l'énoncé et se demander : qu'est-ce qu'on veut de moi ? Cela évite les hors sujets. Je conseille d'utiliser la feuille de brouillon et surtout de garder du temps pour bien relire sa copie.

8 Éloigner les écrans

Pendant les révisions, il vaut mieux éloigner son portable. Répondre aux SMS déconcentre. Le soir, avant de se coucher, éviter de se mettre devant un écran (télé, ordinateur). Ça fatigue et ça énerve.

9 Préparer ses affaires

La veille, on sort sa convocation et sa pièce d'identité pour ne pas les oublier. On prépare sa tenue. Cela permet d'éviter de perdre du temps devant son placard. Il faut choisir une tenue dans laquelle on se sent bien. Surtout, ne pas se déguiser et éviter d'être serré à la ceinture.

10 Parents, détressez !

Les parents ont un rôle important. Ils doivent soutenir leur enfant et éviter de leur communiquer leur stress. Il faut laisser les jeunes travailler à leur manière tout en assurant la logistique. Un parent peut dire : « J'ai confiance en toi », ça valorise. Il peut également dédramatiser l'échec.

Cabinet Quélennec, 11, route de Brest, 29 000 Quimper. Tél. 09 79 67 50 71.

04 décembre 2010

Presse: La psychologue du travail fait aussi de l'orientation, Article Ouest France, 03.12.2010

La psychologue du travail fait aussi de l'orientation
Anne Quélennec, psychologue du travail, propose un conseil aux scolaires et aux étudiants.
     
Installée en libéral, elle conseille des scolaires qui ont du mal à trouver leur voie. Entretiens, recherche d'un métier, parcours de formation, Anne Quélennec accompagne et rassure.
« De plus en plus de jeunes viennent me voir. On leur demande très tôt de choisir un métier. La plupart sont paumés dans la jungle des formations. » Anne Quélennec, psychologue du travail, est installée en libéral depuis un an. Son cabinet est installé route de Brest. « Plus d'un tiers de ma clientèle sont des scolaires qui souhaitent être conseillés dans leur orientation. Je les aide à trouver leur voie et je les accompagne. »

Faire le tri

Anne Quélennec connaît bien le monde de l'entreprise. C'est l'un de ses atouts. « J'ai travaillé à la direction des ressources humaines dans de grosses boîtes dans la région parisienne. J'ai fait passer des entretiens et je connais les techniques d'embauche. Aujourd'hui, à Quimper, je fais profiter aux autres de mon expérience professionnelle. »

La prise en charge dépend des besoins et de la demande du particulier. « Je propose des forfaits. Trois ou quatre rendez-vous suffisent. La plupart des jeunes sont déjà passés par le centre d'information et d'orientation mais ils sont souvent noyés par le flux d'information. Le plus difficile, c'est de faire le tri et de les rassurer. »

La première rencontre permet de cerner la personnalité et d'étudier les différents secteurs d'activités qui correspondent à un profil. « J'essaie de tester la motivation et les centres d'intérêt. Mais aussi de redonner le goût des études par le biais d'un projet concret. » Anne Quelennec fait également un travail de documentation en amont. « Je me renseigne sur plusieurs métiers en présentant les différentes formations possibles, leur programme, leur durée, leur coût... Attention aux diplômes qui ne sont pas reconnus par l'État. » La psychologue propose même des contacts de professionnels. « Je confronte les jeunes à la réalité. Certains ont une image rêvée d'une profession. Je vais même jusqu'à donner des contacts de professionnels afin d'effectuer des stages. »

Le salaire, c'est important

Mais Anne Quélennec ne choisit pas à la place des élèves : « Au contraire. Je ne veux surtout pas les enfermer dans une seule direction. L'idéal est de trouver plusieurs métiers avec un parcours commun. J'aime offrir un choix, mais un choix possible et accessible. » La psychologue aborde aussi la question du salaire. « Souvent, j'explique aux jeunes ce qu'est un travailleur pauvre. Ce n'est pas pour faire peur. Juste pour montrer l'importance de la rémunération. »

Avec sept ans d'expérience en ressources humaines auprès du groupe Club Med et de Safran (Sagem communications), de nombreuses interventions dans le monde de la finance ou de l'industrie, Anne Quélennec propose également d'accompagner les demandeurs d'emploi avant un entretien ou un rendez-vous. « Être à l'aise à l'oral, faire face au stress, rédiger un CV... Tout se travaille », conclut-elle.

Contact : Anne Quélennec, psychologue du travail, 11, route de Brest à Quimper. Tél. 09 79 67 50 71 (prix d'un appel local). Quelques tarifs : 34 € la séance. Scolaires et étudiants : 29 €/h (forfait de 3 séances).

Lucile VANWEYDEVELDT.
Ouest France, 03.12.2010. Retrouvez l'article directement sur le site: lien
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